
Les élections présidentielles de 2027 approchent à grands pas. Et comme à chaque échéance électorale, les présentations des différents partis bourgeois et opportunistes, de tous plus grands mégalomanes de France, ne font que s’enchaîner les unes après les autres.
Mais au milieu de ce spectacle une figure semble se distinguer radicalement de toutes les autres : Jean-Luc Mélenchon.
Le dirigeant charismatique de La France insoumise (LFI) est parvenu à rassembler derrière lui une importante partie de la population autour de son programme de gauche « radicale ». Il apparaît désormais comme le représentant incontesté de la gauche française — ou du moins comme celui qui en revendique le plus efficacement la direction.
Partout en Europe, nous pouvons constater, peut-être à l’exception de la Wallonie, l’exact inverse. Des partis d’extrême droite qui montent, et une gauche qui peine à exister. Alors, la France, tel un phare dans la nouvelle vague brune européenne, pourra lancer la contre-attaque progressiste en France, mais également relancer toute la gauche au niveau européen.
Jean-Luc Mélenchon représente un vrai espoir populaire, une sorte de mélange entre Allende et Jaurès, en plus ronchon. Cet espoir grandit tellement, que l’on voit des organisations entières, pourtant se réclamant de la gauche « révolutionnaire », soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Le soutien des organisations « révolutionnaires » françaises à Mélenchon n’est pas si important étant donné qu’ils ne mettent pas leur appareil au service de la campagne, la participation est presque exclusivement déclarative, mais :
- Elle révèle la matrice réelle qui gangrènent toutes ces organisations: la peste du réformisme, qui a beau être dénoncé, qui a beau être « combattu », est toujours au coeur des espoirs de ces organisations, dévoilant ainsi qui est réellement, concrètement révolutionnaire dans sa pratique, et pas juste en déclaratif,
- Elle indique à la majorité de l’opposition de gauche de la France Insoumise (c’est à dire le mouvement communiste pour l’essentiel) que la seule position tenable est le soutien de la candidature et des élections et entretient donc le mythe réformiste de la « Révolution citoyenne » promu par la France Insoumise.
Dans cet article, nous allons passer en revue les différentes positions sur la question des élections et les différentes stratégie de la gauche révolutionnaire, d’un point de vue marxiste-léniniste-maoïste et ainsi expliquer pourquoi les militants maoïstes doivent tenir la ligne de anti-électorale même si tout le monde est contre nous !
La France fait partie de ses quelques pays où l’essentiel du pouvoir est concentré dans une seule élection, le régime de la 5ème y est pour quelque chose et, si cela permet à un Macron de violer continuellement les règles de la démocratie bourgeoise, cela permet également des bifurcations du pouvoir bien plus rapide et importante que dans des «démocraties parlementaires» comme en Belgique ou en Allemagne où rien ne peut jamais vraiment changer, peu importe la configuration, à cause de la manière même dont le système est fait.
Dans ce contexte, un Jean-Luc Mélenchon peut redonner vie au projet de la social-démocratie en répondant à des besoins immédiats et concrets comme protéger du fascisme et de la réactionarisation, ceux qui sont en première ligne de mire (Noirs, Arabes, femmes, musulmans, LGBT…), il permettrai de limiter la casse voir de rendre la vie un peu plus facile pendant le temps du mandat, dans une certaine mesure il pourrait même légèrement réadapter la politique de l’impérialisme français et permettre à la gauche de gauche (les révolutionnaires) de militer avec moins de difficultés.
Ce sont pour toutes ces raisons et principalement celles-cis que le projet insoumis est si populaire, même dans la gauche «révolutionaire», et il est important pour les militants maoïstes d’analyser ces motivations pour mieux adapter leur ligne. Cependant, ces politiques ont un coût, et pas des moindres, car la bourgeoisie n’est prête à aucune concession, pas même les plus fines miettes que pourraient lui arracher la social-démocratie !
Pas de victoire sans un rapport de force supérieur
La bourgeoisie impérialiste dispose aujourd’hui d’une capacité sans précédent pour discipliner tout gouvernement qui tenterait de remettre en cause les fondements du capitalisme. L’expérience de la France en 1981 en fournit déjà une démonstration historique. Face aux premières réformes du Gouvernement socialiste (nationalisations, extension des droits sociaux, intervention accrue de l’État), la bourgeoisie française et internationale répondit par la fuite des capitaux, la spéculation monétaire et la pression des marchés financiers. En quelques années, le Gouvernement fut contraint d’abandonner une grande partie de son programme lors du «tournant de la rigueur», illustrant les limites auxquelles se heurte une politique de transformation sociale menée dans le cadre du capitalisme.
Or, depuis les années 1980, ces mécanismes se sont considérablement renforcés. La mondialisation financière, la libre circulation des capitaux, les chaînes de valeur internationales, le poids des institutions supranationales et l’intégration des économies offrent au capital des moyens infiniment plus rapides, plus puissants et plus sophistiqués pour sanctionner un État qui sortirait du cadre fixé par les intérêts des grandes puissances économiques. Délocalisations, effondrement des investissements, spéculation contre la monnaie, pressions des agences de notation, blocages commerciaux, sanctions économiques ou encore isolement diplomatique sont autant d’instruments capables d’asphyxier un Gouvernement réformiste avant même qu’il n’ait pu mettre en œuvre son programme.
Incapacité volontaire et structurelle
Aujourd’hui, les mouvements réformistes ont une base beaucoup plus gazeuse, une organisation moins solide, un programme moins radical et pratiquement pas de stratégie de rapport de force avec ces institutions si ce n’est qu’un vague espoir d’une mobilisation populaire spontanée dès leur arrivée au pouvoir, chose qui n’était déjà pas arrivé en 81 comme Mélenchon a pu le constater lui même en Interview.
Même la possession d’immenses ressources naturelles ne garantit plus une protection contre ces mécanismes de coercition. Le Venezuela, malgré ses réserves pétrolières parmi les plus importantes du monde, a subi les effets combinés de la dépendance aux marchés mondiaux, des sanctions, de la fuite des capitaux, de l’effondrement des recettes pétrolières et de profondes contradictions internes. Dès lors, imaginer qu’un pays comme la Grèce, dépourvu d’un tel levier stratégique et fortement dépendant des financements extérieurs, aurait pu mener durablement une politique de rupture dans le cadre de l’Union Européenne relevait largement de l’illusion.
L’échec de Syriza, du Parti Socialiste (PS) de 1981, tout comme celui de Podemos en Espagne, ne peut être réduit à une simple histoire de trahison personnelle ou de reniement moral de leurs dirigeants. On voit beaucoup trop de gens parler d’une trahison de Mitterrand en 81 et ces éléments existent et méritent d’être discutés, mais ils ne suffisent pas à expliquer leur trajectoire.
Leur défaite révèle avant tout les limites structurelles du réformisme contemporain : la tentative de transformer profondément la société sans remettre en cause les rapports de propriété, le pouvoir économique de la bourgeoisie et les institutions qui garantissent sa domination se heurte inévitablement à des obstacles que les mécanismes démocratiques classiques ne permettent pas de surmonter.
Les luttes de personnes, les affrontements d’appareils, les compromis permanents avec les contraintes institutionnelles et l’opportunisme électoral qui caractérisent les grandes formations réformistes ne sont pas de simples accidents : ils découlent largement de leur fonction politique. À eux seuls, ces phénomènes devraient suffire à refroidir les espoirs les plus enthousiastes quant à la capacité de ces partis à porter une véritable rupture avec l’ordre social existant.
Et quand bien même, par extraordinaire, une coalition de révolutionnaires et de réformistes radicaux parviendrait à déplacer suffisamment le rapport de forces pour sortir le système de ses rails habituels, faut-il réellement croire que la bourgeoisie impérialiste accepterait de se laisser déposséder de son pouvoir économique et politique sans réagir ? Toute son histoire répond par la négative.
Les réformistes incapables face à la contre attaque bourgeoise
Nous avons déjà évoqué sa capacité à exercer un chantage économique. Mais ces instruments ne constituent que le premier niveau de défense de son pouvoir. Lorsque ceux-ci ne suffisent plus, la classe dominante conserve un autre levier décisif : le monopole de la violence légitime exercé par l’État, c’est-à-dire les appareils policiers, judiciaires et militaires.
À cet égard, les transformations intervenues depuis plusieurs décennies ont plutôt renforcé sa position. La disparition du service militaire obligatoire dans la plupart des pays occidentaux et la professionnalisation des armées ont accru la séparation entre les forces armées et le reste de la population. Là où la conscription faisait entrer une partie importante des classes populaires dans l’institution militaire, les armées professionnelles sont des corps spécialisés, davantage intégrés à l’appareil d’État et encore plus facilement mobilisables pour défendre l’ordre établi.
À cette puissance intérieure s’ajoute celle des alliances impérialistes. L’OTAN ne constitue pas seulement une alliance militaire tournée vers des adversaires extérieurs; elle s’est également inscrite, durant la guerre froide, dans une stratégie globale de préservation de l’ordre politique occidental face aux mouvements révolutionnaires ou aux gouvernements jugés susceptibles de remettre en cause les équilibres géopolitiques existants. Les réseaux clandestins dits « stay-behind », dont l’opération Gladio est l’exemple le plus connu, les interventions dans la stratégie de la tension en Italie ou encore le contexte international ayant entouré le coup d’État militaire en Turquie en 1980 témoignent de cette volonté de contenir les forces perçues comme menaçant l’ordre établi.
D’une manière plus générale, l’histoire du XXᵉ siècle montre que lorsque les intérêts fondamentaux des classes dominantes sont directement menacés et que les mécanismes institutionnels ne suffisent plus à préserver leur domination, le recours à des formes de violence ouverte — coups d’État, guerre civile, répression de masse ou soutien à des dictatures — cesse d’être une hypothèse théorique pour devenir une possibilité bien réelle. L’Espagne de 1936, l’Indonésie de 1965, le Chili de 1973 ou encore de nombreux épisodes de la guerre froide illustrent cette logique à des degrés divers.
Dans ces conditions, il paraît difficile d’imaginer qu’un mouvement ayant construit toute sa stratégie autour du respect scrupuleux de la légalité institutionnelle, de l’action parlementaire et de l’échéance électorale puisse disposer, au moment décisif, des moyens politiques, organisationnels et matériels nécessaires pour faire face à une rupture violente de légalité initiée par la classe dominante elle-même.
L’expérience chilienne demeure, à cet égard, l’un des exemples les plus justement invoqués : le Gouvernement de Salvador Allende avait remporté les élections, mais il ne disposait ni d’un appareil d’État transformé, ni d’organisations capables de neutraliser les forces restées fidèles à l’ordre bourgeois lorsque celui-ci choisit finalement la voie du coup d’État.
Un mouvement qui prépare exclusivement la conquête du pouvoir par les institutions risque d’être particulièrement vulnérable si ses adversaires décident, au moment où leurs intérêts essentiels sont menacés, de ne plus respecter les règles du jeu qu’ils avaient eux-mêmes contribué à établir.
Mélenchon: un radical-réformiste
Mais heureusement ou malheureusement, la France Insoumise ne va même pas jusque là, son programme est largement en dessous de celui du Parti Socialiste, qui était déjà bien en dessous de tout ce qui était nécessaire pour opérer cette fameuse «rupture» qu’on nous ressort tous les 5 ans. Il n’est même pas question de la moindre petite nationalisation ni même de sortie de l’Union Européenne (UE) dans le programme de Mélenchon, il prévoit tout simplement de diriger le pays à la mode socialiste, la seule raison pour laquelle il est qualifié de «radical» est la médiocrité généralisée de la scène politique Française, particulièrement à gauche.
Le réformisme a eu certaines conquêtes par le passé, c’est certain. Il ne saurait être réduit à une simple illusion ou à une succession de trahisons. Durant une grande partie du XXᵉ siècle, il a obtenu des conquêtes sociales importantes : généralisation de la protection sociale, développement des services publics, droit du travail, augmentation des salaires réels, réduction du temps de travail, démocratisation de l’enseignement. Ces succès ne sont toutefois pas apparus spontanément. Ils se sont développés dans une relation dialectique avec l’existence d’un mouvement révolutionnaire puissant, de Partis Communistes de masse, d’un syndicalisme combatif et, après 1945, avec l’existence même du bloc socialiste. La possibilité d’une rupture révolutionnaire constituait un rapport de force qui contraignait la bourgeoisie à consentir des compromis.
Cette période s’achève progressivement au cours des années 1980. L’offensive néolibérale engagée par Thatcher et Reagan ne se contente pas de remettre en cause les acquis sociaux : elle transforme durablement les rapports de force. La social-démocratie, loin de constituer un pôle de résistance, accompagne progressivement cette évolution. D’un projet visant à aménager le capitalisme en faveur du travail, elle devient un gestionnaire parmi d’autres de l’économie de marché, acceptant les privatisations, les politiques de dérégulation, les contraintes de la finance internationale et les règles imposées par les institutions supranationales. La disparition de l’Union soviétique accélère encore cette évolution en supprimant la pression géopolitique qui poussait les classes dirigeantes occidentales à maintenir un niveau élevé de concessions sociales.
La mort du réformisme
En ce sens, on peut dire que le réformisme, comme stratégie historique, est largement épuisé. Cela ne signifie évidemment pas que les organisations réformistes aient disparu, ni qu’elles aient cessé d’occuper une place centrale dans la représentation politique des classes populaires. Cela signifie plutôt qu’elles ne disposent plus des conditions matérielles qui rendaient leur projet historiquement viable. Elles continuent de promettre des réformes qu’elles ne sont plus en mesure d’imposer, ou en proposent des versions 10 fois réduite pour espérer avoir une chance.
Cette situation produit des réalités très différentes au sein des organisations réformistes. Une partie de leurs directions en a pleinement conscience. Elle sait que les marges de manœuvre sont extrêmement réduites et que l’objectif réel n’est plus de transformer la société mais d’administrer au mieux l’ordre existant. Les responsabilités électives, les appareils de parti, les permanences syndicales, les cabinets ministériels, les bureaux d’étude ou les associations para-publiques deviennent alors autant de lieux où se reproduisent des carrières politiques davantage que des instruments de transformation sociale. Les renoncements successifs sur les retraites, les politiques migratoires, les contraintes imposées par l’Union Européenne, l’alignement géopolitique sur les États-Unis ou encore les questions énergétiques illustrent cette logique d’adaptation permanente aux exigences du capital.
Utilité de test
Au mieux, une candidature comme celle de Jean-Luc Mélenchon peut être envisagée comme une expérience de laboratoire. Non parce qu’elle offrirait une voie crédible vers une transformation progressiste, mais parce qu’elle permet d’observer la réaction des centres réels du pouvoir, grands groupes financiers, patronat, médias dominants, institutions européennes et marchés, à la simple possibilité de mesures pourtant relativement limitées : possible nationalisation de secteurs stratégiques comme l’énergie, reconstruction des services publics, planification écologique, réduction des inégalités de revenus, remise en cause de l’agro-industrie, politique étrangère plus indépendante de l’OTAN et des États-Unis, ou renforcement du rôle économique de l’État.
Une telle candidature permet également de mesurer le degré de polarisation de la lutte des classes dans les sociétés occidentales. Jusqu’où les classes populaires sont-elles prêtes à soutenir un programme de rupture avec le néolibéralisme ? Dans quelle mesure celui-ci peut-il détourner une partie de l’électorat populaire de l’extrême droite ? Ces questions présentent un intérêt politique réel.
Mais cela ne transforme pas pour autant la stratégie électorale en perspective révolutionnaire. Faire de cette candidature un horizon politique constitue une impasse, et la soutenir serait une impasse et une erreur stratégique.
Insoumis et LFI, 2 choses différentes
Mais il serait profondément erroné d’assimiler l’ensemble des militants réformistes, et plus encore leurs électeurs, à ces directions politiques. La plupart d’entre eux adhèrent sincèrement à des valeurs de justice sociale, d’égalité ou de solidarité. Historiquement, le réformisme constitue presque toujours la première école politique des classes populaires. Rares sont les révolutionnaires qui n’ont jamais été, d’une manière ou d’une autre, réformistes avant de remettre en cause les limites de cette stratégie. Ce n’est pas un hasard : l’idée selon laquelle il serait possible d’améliorer progressivement la société apparaît spontanément plus accessible que la perspective d’une rupture révolutionnaire.
La véritable question stratégique est donc la suivante : qui sont, parmi les réformistes d’aujourd’hui, les révolutionnaires potentiels de demain ? Et comment favoriser cette évolution politique ? C’est toute la stratégie des révolutionnaires.
Les expériences récentes offrent déjà des éléments de réponse. Les candidatures de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni ou de Jean-Luc Mélenchon en France ont joué, de ce point de vue, un rôle révélateur. Alors même que leurs programmes demeuraient largement inscrits dans l’horizon de la social-démocratie classique, ils ont suscité, y compris au sein de la gauche institutionnelle, des réactions d’une extrême violence. Une partie des responsables sociaux-démocrates a préféré s’allier de fait aux forces libérales plutôt que de soutenir un programme pourtant modérément redistributif. Cette attitude révèle jusqu’où une fraction importante de ces appareils est désormais intégrée au fonctionnement normal du capitalisme.
De la même manière, sans nourrir la moindre illusion sur la France Insoumise, il est révélateur de voir certains responsables politiques ou médiatiques placer systématiquement ce parti sur le même plan que l’extrême droite au nom d’une prétendue théorie des « extrêmes ». Une telle symétrie tend moins à éclairer la réalité politique qu’à délégitimer toute remise en cause de l’ordre économique existant. Elle constitue souvent un indicateur utile pour distinguer ceux qui restent attachés, quelles que soient leurs divergences, à la défense des intérêts populaires de ceux qui considèrent désormais toute critique radicale du capitalisme comme plus dangereuse encore que les forces réactionnaires.
Notre tâche n’est donc pas de redéfinir notre rapport au réformisme. Celui-ci est clair : le réformisme n’est plus capable de remplir la fonction historique qu’il a longtemps assumée. La question essentielle consiste désormais à comprendre les contradictions qui traversent son propre camp et à accompagner les processus de rupture qui peuvent s’y développer. (C’est à dire de pousser à gauche comme pourraient le dire d’autres militants marxistes, à la différence que nous ne le faisons pas par les élections.)
Combattre le réformisme signifie donc bien davantage que détourner les masses d’une stratégie devenue sans issue. Il s’agit aussi de permettre à celles et ceux qui s’y engagent encore de tirer les conséquences de leur propre expérience politique. La critique du réformisme n’a de sens que si elle contribue à faire émerger une conscience révolutionnaire chez ceux qui découvriront, dans la pratique, les limites de leur propre stratégie.
C’est pourquoi nous n’avons aucune raison de considérer comme des adversaires tous ceux qui se réclament aujourd’hui de la France Insoumise. Nous pouvons adopter un principe simple de réciprocité : nos principaux adversaires, parmi les réformistes, sont ceux qui consacrent l’essentiel de leur activité politique à combattre les forces situées à leur gauche plutôt qu’à s’opposer au capital. Les militants sincères, les syndicalistes combatifs et les électeurs de bonne foi ne sauraient être confondus avec des appareils politiques dont la fonction principale est devenue la gestion du compromis permanent.
En revanche, le réformisme comme stratégie politique doit être combattu sans concession.
Telle est la situation actuelle en France vis-à-vis du réformisme.
Le rapport aux élections
Alors il y a notre rapport aux élections, quelle stratégie électorale prendre ?
Les positions sont multiples dans la gauche, on peut constater différentes degré de participation à la question électorale:
- Le présidentialisme : C’est le degré le plus élevé de participation électorale, consistant à se présenter en tant que candidat en vue d’exercer le pouvoir sur la machine étatique, passer des lois, former un Gouvernement, contrôler l’exécutif.
- Le parlementarisme : C’est la stratégie du Parti « Communiste » Français (PCF) et du Front Populaire, participer aux élections mais sans rejoindre le Gouvernement, simplement participer au Parlement, faire entendre sa voix, faire passer des lois…
- La participation pour la tribune : C’est globalement tous les partis « Nouveau Parti Anticapitaliste » (NPA), « Lutte Ouvrière » (LO), « Révolution Permanente » (RP), qui participent aux élections sans but réel de récupérer la main sur la machine d’état mais pour profiter de l’effet « tribune » des élections présidentielles, avoir une dynamique médiatique, une campagne, une mobilisation et porter les sujets de la gauche communiste/ radicale dans le débat public.
- L’opposition de Gauche : C’est la stratégie des Organisation « Communiste » de France (OCF), Parti « Communiste Révolutionnaire » (PCR) , Pôle de Renaissance « Communiste » de France (PRCF) et autres, ainsi que celle d’une grande partie de l’électorat France Insoumise communiste organisé. On ne va pas voter par accord complet avec le mélenchonisme mais plutôt pour s’assurer que la force de gauche ayant le plus de chance de « faire rupture » ou « faire bifurquer la situation » et tenter de le « pousser plus à gauche ». C’est un peu la stratégie du mouvement populaire qui va « porter » la lutte parlementaire et présidentielle tout le long du mandat.
- Le moindre mal : C’est la stratégie classique d’une grande partie de ceux qui votent la France Insoumise, c’est à dire qu’on ne vote pas vraiment pour un programme en particulier mais plutôt pour faire barrage à autre chose, limiter la réactionarisation, limiter la casse sociale, c’est un peu le « vote de survie ». Même s’il peut avoir des degré d’enthousiasme variable.
Le piège du pouvoir bourgeois
Puis il y a toutes les stratégies anti-électorales allant de l’inaction totale, au sabotage en passant par la simple critique et la campagne de Boycott.
Le présidentialisme est sans doute la forme la plus élevée d’illusion réformiste, penser sérieusement en 2026 que le président peut mettre en place une politique réellement anti-capitaliste n’est qu’un doux rêve, nous venons de l’expliquer. Et cette réalité, ce n’est pas parce qu’ils ne le veulent pas (même si c’est souvent le cas) mais avant tout parce qu’ils ne peuvent pas.
Beaucoup trop de communistes nient le fait que l’état bourgeois aie un caractère de classe, qu’il n’est pas neutre ! Ils pensent qu’il ne serait qu’un espace politique parmi d’autres dans lequel les communistes pourraient s’installer ! C’est FAUX, toutes les expériences historiques nous montrent que les communistes s’engageant à l’exercice du pouvoir bourgeois ne font que s’engager dans une pente glissante, qui tend toujours à droitiser davantage le mouvement.
Le Parti « Communiste » Français de Thorez n’a fait que se droitiser durant tout le front populaire pour tenter de se maintenir, même dans sa simple position de parlementaire, les expériences de « communisme municipal » en Inde ont fini par mater les insurrections de leurs propres camarades du parti au profit de l’état bourgeois ! Le Parti Socialiste de Mitterrand n’a pas bêtement « trahi », il s’est retrouvé comme tout le monde face à la réalité : l’état n’est pas neutre, le pouvoir d’état ne signifie pas avoir le pouvoir ! (Très bien, Mitterrand était particulièrement droitier déjà avant, mais penser qu’il n’y a rien de structurel et que tous ces exemples ne sont que des trahisons individuelles est particulièrement naïf et suicidaire pour le mouvement communiste).
Nous le répétons : se présenter aux élections équivaut à s’engager sur une pente savonneuse, qui a fait sombrer tous les partis qui s’y sont risqués.
Pour un mouvement communiste encore minoritaire, disposant de ressources humaines et financières limitées, ce choix est particulièrement coûteux. Une campagne électorale exige une mobilisation considérable : récolte des signatures lorsqu’elles sont nécessaires, confection du matériel militant, présence médiatique, porte-à-porte, réunions publiques, collecte de fonds, gestion administrative, formation des candidats, production de contenus, organisation logistique. Tout le temps consacré à ces activités est autant de temps qui n’est plus investi dans le travail d’implantation au sein de la classe ouvrière, dans la formation théorique des militants, dans les luttes syndicales, dans les organisations de quartier ou dans la construction patiente d’un véritable contre-pouvoir populaire.
À part si on part sans intention de réellement d’être élu, cela exige de même de se couler dans le moule du système et d’en respecter les règles.
Certaines règles sont explicites. Elles concernent les modalités de financement public, les procédures électorales, les obligations juridiques imposées aux partis, le fonctionnement parlementaire ou encore les responsabilités attachées à l’exercice d’un mandat.
D’autres sont beaucoup moins visibles, mais souvent plus puissantes. Elles définissent les limites implicites de qui est une force politique « responsable », « crédible » ou « sérieuse » et qui ne l’est pas. Elles imposent un langage, des thèmes et des postures compatibles avec l’ordre établi. Elles reposent sur un ensemble de présupposés largement partagés par les partis institutionnels : la légitimité fondamentale de l’appareil d’État, la neutralité supposée de la police et de la justice, la condamnation abstraite de toute violence sans distinction, la priorité accordée à la stabilité économique, la défense du « pouvoir d’achat » plutôt que la remise en cause des rapports de production, ou encore l’acceptation implicite des principaux cadres géopolitiques et institutionnels existants.
Cette transformation ne procède pas nécessairement d’une volonté de trahir. Elle découle progressivement de la nécessité de rester audible, respectable et compétitif dans un espace politique dont les règles sont définies par les classes dominantes. À force de vouloir convaincre des électeurs toujours plus nombreux, le parti finit par adapter son discours aux attentes supposées de l’électorat; à force de rechercher une crédibilité gouvernementale, il adopte les catégories de pensée de ceux qu’il prétend combattre.
Lorsque cette stratégie échoue électoralement, le constat est relativement simple : des années de travail militant ont été absorbées par une activité qui n’a produit aucun rapport de force durable. Mais lorsqu’elle réussit, le problème devient paradoxalement plus profond encore. Chaque progression électorale agit comme une drogue qui encourage à investir davantage de ressources dans la voie électorale. Les succès, même modestes, entretiennent l’idée que la victoire décisive n’est plus très loin et qu’il suffirait d’une campagne supplémentaire, d’une meilleure candidature ou d’une conjoncture plus favorable pour atteindre enfin le pouvoir.
C’est exactement la spirale dans laquelle s’est engagée le Parti « Communiste » Français de Thorez à aujourd’hui, dans cette même démarche que s’est engagée le Parti « Communiste » Italien et toute la mouvance « euro-communiste », etc etc…
Il ne s’agit pas de valider l’hypothèse anarchiste de «le pouvoir corrompt» au sens moral du terme; la dynamique de rupture s’étiole parce que les acteurs finissent par intérioriser les règles du jeu auxquelles ils ont accepté de participer.
Comme cela a été montré plus haut, depuis 30 ans (effondrement de l’URSS), le capital triomphant n’a aucune raison de faire des concessions. Les derniers cas de victoire électorale réformiste, rarissimes (France 1981, Grèce 2015) n’ont donné lieu qu’à des impasses économiques d’abord, et des trahisons politiques ensuite, ce qui a été dommageable à la gauche dans son ensemble, qu’elle soit réformiste ou révolutionnaire.
La stratégie électorale produit également un double effet politique particulièrement problématique. D’une part, elle tend à éloigner les organisations militantes des secteurs les plus en rupture avec le système, ceux pour lesquels les institutions ont déjà perdu toute crédibilité. D’autre part, elle retarde la radicalisation d’autres fractions des classes populaires en leur offrant une nouvelle perspective de changement à l’intérieur du cadre institutionnel. Tant que subsiste l’espoir qu’une prochaine élection permettra de résoudre les contradictions du système, la nécessité d’une rupture plus profonde apparaît moins urgente.
Il faut enfin se garder d’interpréter mécaniquement les progrès électoraux comme une progression de la conscience politique. Un ouvrier peut voter pour La France Insoumise ou une autre formation de gauche radicale sans croire un seul instant que celle-ci pourra transformer la société. Son vote peut simplement exprimer une préférence morale pour des candidats perçus comme plus honnêtes, moins corrompus ou plus proches des préoccupations populaires que leurs concurrents. Le bulletin de vote ne mesure pas l’adhésion à une stratégie politique; il traduit souvent un rapport beaucoup plus ambigu aux institutions.
Bref, il y a une contradiction entre des pétitions de principe de changement radicaux et des décennies de compromission avec le fonctionnement des institutions. Les masses populaires souffrent affreusement du système, elles ne peuvent que se détourner de ceux qui y participent, quand bien même s’en prétendraient-ils critiques.
Pour toutes ces raisons, les réels communistes ne se présenteront jamais aux élections, et ceux qui le font savent pertinemment qu’ils ne vont nulle part.
Les stratégies non-antagonistes
Alors il y a le simple parlementarisme, mais tout l’effet de pente savonneuse décrit plus haut s’applique encore, seulement ici on a le cul entre deux chaises : entre le fait de critiquer l’infaisabilité du réformisme, et de quand même prendre le salaire de député. De se dire critique des élections tout en ne comprenant pas les réelles nécessité stratégique militante d’un communiste à notre époque.
Même si cette position peut s’avérer plus critique, elle n’est pas si éloignée de la précédente, elle considère toujours comme cohérent le fait de mettre autant de moyens dans une mascarade qui est avant tout un outil contre-révolutionnaire qui est là pour détourner les masses de la construction du nouveau pouvoir.
Le parlementarisme c’est du présidentialisme hypocrite : soit vous rejetez les institutions bourgeoises, soit vous considérez qu’on peut en faire quelque chose
Il n’est pas question de « Aaah mais Lénine a dit en 1905 que… » et « il y a 200 ans, Engels au paragraphe 3 ligne 2 du livre sur… » c’est de la liturgie, si vous avez un argument qui explique concrètement que SI : la participation aux parlements est un champ de bataille valide, qu’il ne contredit pas une stratégie de construction du nouveau pouvoir, qu’il ne tends pas vers une pente savonneuse, qu’il en vaut le coûts engendré et qu’il ne s’aliène pas les masses les plus oppositionnelle, allez y.
La vérité c’est que Lénine écrit ces passages pro-élection dans un contexte bien particulier qui n’est pas le nôtre, le matérialisme dialectique et la stratégie communiste ce n’est pas lire un livre et écrire « il y a 100 ans » sur une situation totalement différente et copier tout mécaniquement. C’est analyser notre contexte actuel, les élections ne jouent plus un rôle progressiste depuis très longtemps en France, et notre expérience historique nous a montré que les communistes pendant pratiquement 100 ans, ont perdu leur temps dans ces idioties, que cette croyance presque mystique que la République était une bonne mère dont on prendrait soin et qui nous aimerait en retour, la défense de la République, de la démocratie bourgeoise, a conduit à une impasse continue, qui a détruit les forces communistes, les quelques bases du nouveau pouvoir que le Parti «Communiste» Français avait pu construire malgré tout.
Alors il y a la stratégie de simple tribune : on utilise les élections juste pour donner notre position, si ça tombe, on utilise les élections pour donner une position anti-état bourgeois !
Cette stratégie est le plus souvent avancée par les partis trotskystes alors laissez nous leur poser la question : qu’espérez vous accomplir en faisant cela ?
Nous sommes à l’ère de l’information, les méthodes de communication, ce n’est pas ce qui manque ! Avec un téléphone et une connexion internet vous avez toutes les tribunes que vous voulez : Twitch, WordPress, Youtube, Tiktok etc… et excusez nous, elles sont bien moins contrôlées et contraignantes qu’un siège de l’Assemblée Nationale ou qu’une campagne électorale !
Pensez-vous sérieusement qu’engager tous les faibles fonds de « Révolution Permanente » (qui ne sont à priori pas financés par des grands milliardaires, donc on parle quand même de l’argent d’autres prolétaires) pour une simple campagne de communication ? Parce que c’est ce que c’est : une campagne de communication !
D’aller imprimer la grande gueule d’Anasse Kazib partout sur des feuilles A4, d’aller vous amuser à écrire des programmes sur ce que vous allez faire dans l’état bourgeois alors que vous savez très bien que ce n’est pas le but.
Alors d’accord, vous allez faire le Philippe Poutou fou du bus sur les plateaux télé, insulter tout l’arbre généalogique des droitards sur le plateau et rappeler ses casseroles à Le Pen, lâcher des grosses bastos qui feront des édits Glupatate marrant : mais c’est vraiment cela que devraient être la priorité des militants communistes?
L’éléphant dans la pièce
La stratégie de pousser à gauche pose des problèmes similaires: toutes les “Organisation Communiste de France” , “Pôle de Renaissance Communiste de France “et autres collectifs internet marxiste influent comme la brêche.
La question qui nous énerve c’est : quand est ce que quelqu’un dans toute cette gauche française va daigner adresser l’éléphant dans la pièce ! L’absence TOTALE de stratégie pour la construction du nouveau pouvoir !
C’est cela qui fait un Parti révolutionnaire ! C’est construire déjà ici, déjà maintenant, les instruments de la dictature du prolétariat, le fameux rapport de force inévitablement violent avec l’État bourgeois ! Et cela nécessite énormément de travail, un travail de fond, bien plus complexe que de poser des affiches, cela nécessite la reconstruction du Parti Communiste, la création d’organisation de masses pour organiser le front uni, mobiliser chaque part de la société, une large formation théorique, des réunions de quartier régionaux, des formation à la violence révolutionnaire, des actions concrètes pour changer la vie des gens sans attendre l’état, la présence quotidienne dans ce travail.
Les masses en ont marre de tous ces opportunistes qui viennent toquer à la porte une fois tous les 5 ans puis qu’on ne revoit plus jamais, qui promettent tout, qui lancent de grands mots vides puis ne font plus rien.
Vous pouvez vous amuser à dire que les masses s’intéressent aux élections, qu’ils attendent des politiques favorables etc… la vérité c’est que les masses le plus antagonistes, les plus oppositionnelles et donc les plus révolutionnaires n’en on plus rien à foutre des élections car ce sont elles qui n’ont rien d’autre à perdre que leur chaîne, et là nous revenons au principe de base de la stratégie léniniste : nous sommes un Parti d’avant garde !
Nous ne sommes pas là pour faire le parti de masses ! Nous ne sommes pas là pour que toutes les masses se reconnaissent en nous dès demain ! Pour ça il y a le front uni.
Mais le rôle des communistes, des militants communistes, c’est de construire le nouveau pouvoir ! C’est d’aiguiser les couteaux, de mettre de l’essence partout, pour que la plus petite étincelle puisse enflammer tout Paris!
Le rôle des communistes est d’être l’avant garde, de construire l’avant garde qui mènera au socialisme. Laissez la social démocratie aux opportunistes, aux naïfs, aux réformistes et aux partis bourgeois.
Notre travail est de trouver de nouvelles formes de militantisme, nous sommes les premiers ! Ni Lénine, ni Mao, ni Gonzalo ne nous diront quoi faire en 2026 dans nos conditions à nous.
ll y a un énorme travail théorique qui n’est toujours pas fait : on doit s’en charger ! Il y a une immense partie de la pratique qui n’est pas encore explorée : nous devons prendre les devants !
C’est ça l’avant garde ! Ce n’est ni une identité, ni des mots clefs pour se sentir révolutionnaire : c’est un vrai travail long et ardu.
Ce que nous montrent toutes les Révolutions communistes c’est que c’est le travail de l’avant garde qui est le plus important !
À la fin, le travail de réformiste ne fait que détourner le monde du vrai travail révolutionnaire. Nous ne sommes plus dans une question de « période sans perspective révolutionnaire » ou non. Le réformisme n’a plus rien à offrir et la crise approche, un militant communiste vaut 1000 fois un réformiste. Ce sont non seulement des camarades qui se forment et qui ne seront pas pris au dépourvu par l’avancement de la crise, mais ce sont aussi ceux qui inventeront les formes de militantisme les plus adaptées à notre nouveau contexte : ceux qui trouveront comment détourner la répression à l’heure de la surveillance généralisée, ceux qui libéreront les prisonniers politiques, ceux qui dirigeront la lutte des classes populaire contre l’état bourgeois dans les grands moment de révolte, ceux qui organiseront chaque part de la société et qui fabriquent des consciences prolétariennes. Ceux qui s’attachent encore aux élections bourgeoise ne font que travailler corps et âmes pour la bourgeoisie, donner toute leur énergie et leur argent pour légitimer le pouvoir bourgeois, quand bien même ils clament le contraire. La stratégie révolutionnaire anti-électorale c’est avant tout ça : utiliser le momentum des élections pour tracer la ligne entre la stratégie d’antagonisme avec l’État, et la stratégie de la naïveté ou traîtrise réformiste.
Alors c’est vrai, nous sommes dans un moment où les forces révolutionnaires ne sont pas encore très organisées, après tout, qu’est ce que ça coûte de mettre le papier dans l’urne?
Militant réformiste et militant révolutionnaire
Bien sûr, si un citoyen quelconque vote Mélenchon, nous n’allons pas lui sauter dessus, le traiter d’opportuniste, de traître ou je ne sais quoi, nous ne pouvons pas reprocher à ces gens de voter, car si ils le font c’est avant tout par espoir d’une vie meilleure, et par un besoin très concret. Si un militant maoïste vote mélenchon, la lune ne va pas s’effondrer, nous n’aurons pas les pluies de sauterelles, le ciel qui se déchire en deux, et en réalité si Mélenchon passe, ça sera 5 ans durant lesquels nous seront probablement moins pressurisé que sous une gouvernance réactionnaire autoritariste, et ça c’est un fait indéniable.
Mais il est sûr et certain que pour les besoins de la Révolution, un militant révolutionnaire travaillant à la reconstruction du parti a 1000 fois plus d’importance que n’importe quel votant.
Si vous pensez que la stratégie révolutionnaire sert à faire en sorte que les gens restent chez eux et n’aillent simplement pas voter, vous n’avez rien compris. La lutte contre le réformisme et la redirection du plus de militants possible vers la reconstruction du parti, se voit bien plus politisante et implique bien plus ses militants dans la pratique révolutionnaire concrète que n’importe quelle arnaque de parti bidon.
Les réformistes feront des meetings pour faire croire aux masses qu’ils vont tout changer, pour les remplir de faux espoirs. Leur plus grande lutte : combattre l’abstention.
C’est à dire certes pour une partie, combattre les masses dépolitisées, mais pour l’essentiel combattre les masses désabusées par la mascarade électorale ! Les dépolitiser au plus possible, les faire reculer sur leur compréhension des mécanismes de l’état bourgeois et du blocage des institutions, les refaire croire à la social démocratie, aux réformes qui changeront tout, à la fin de la guerre, à 2000 euros par mois, une nouvelle République, plus jamais de police violente, le retour de Jésus sur terre et une visite du père Noël ! Quel recul, c’est ça qui est véritablement dépolitisant !
Alors nous concédons, le français non militant, c’est pas si grave si il vote Jean Luc Mélenchon, de toute façon il ne cherche pas à militer, mais un militant révolutionnaire, c’est énormément de force, d’intelligence, de formation qui sont apportée à la Révolution, un militant de la campagne électorale, ce n’est que de l’énergie perdue dans le système de la bourgeoisie.
Notre travail politique doit inculquer à ceux qui se pensent révolutionnaire l’antagonisme contre l’état, elle doit éveiller les consciences chez les potentiels révolutionnaires de demain, proposer une issue autre que le pessimisme ou le cynisme à tout ceux qui sortent des déceptions réformistes, et rediriger tout ça pour former l’avant garde, reconstruire le parti, former le nouveau pouvoir.
Peut être pour quelques marxistes réformistes c’est simplement du gauchisme et du radicalisme, très bien, continuez à répéter la même stratégie en boucle qui a conduit à votre perte encore et encore et encore si cela vous fait plaisir de vous sentir si droitiers par rapport à nous. Vos échecs ne feront que décevoir les plus désabusés et renforcer les rangs des vrais révolutionnaires.
À la fin, seule la ligne d’avant garde comptera, tout le reste sera balayé : à nous de tenir cette ligne !
BALAYONS TOUTES ILLUSIONS ÉLECTORALISTES, RECONSTRUISONS LE PARTI !
UNE SEULE SOLUTION, LA RÉVOLUTION !
