Auteur: Dao Chongyuan
Le 1er mai 2026, lors de la journée internationale des travailleurs et travailleuses, le discours du secrétaire général du Parti “Communiste” Chinois, Xi Jinping, est publié sur tous les médias chinois.
Dans son discours qui est mentionné en discours indirect par les journaux, il “adresse ses vœux de fête et ses sincères salutations à l’ensemble des travailleurs du pays”, rien de très étonnant pour un pays soi-disant “communiste” comme le disent les opportunistes chez nous. Il est écrit:
“ Xi Jinping souligne que, sur la nouvelle marche de la modernisation à la chinoise, les larges masses laborieuses se sont étroitement unies autour du Parti, ont lutté avec détermination et fait preuve d’esprit d’initiative et d’innovation, apportant ainsi une contribution importante au développement des causes du Parti et de l’État.
Xi Jinping insiste sur le fait que cette année marque le 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois et constitue la première année du “15e plan quinquennal”. Il exprime l’espoir que les travailleurs promeuvent vigoureusement l’esprit des travailleurs modèles, l’esprit du travail et l’esprit artisanal, qu’ils travaillent avec acharnement et pragmatisme, fassent preuve de dévouement professionnel, jouent un rôle de force principale dans la promotion d’un développement économique et social de haute qualité et manifestent pleinement leur rôle de maîtres du pays.
Les comités du Parti et les gouvernements à tous les niveaux doivent effectivement protéger les droits et intérêts légitimes des travailleurs, s’efforcer de résoudre les problèmes urgents et préoccupants, et mobiliser et encourager les travailleurs à lutter sans relâche pour la réalisation de ce grand projet. [1] ”
Si on le lit vite, ça passe tout seul, mais alors faut le lire vite et éviter de trop réfléchir avant d’applaudir le secrétaire général du Parti “Communiste” Chinois, Xi Jinping pour son discours.
Nous avons affaire là, à un spécimen du révisionnisme chinois, de la fameuse expression de Deng Xiaoping “Taoguang yanghui” (韬光养晦) [2] cacher nos intentions, avancer masquer: le président de la République “Populaire” de Chine fait mine de célébrer la fête des travailleurs et d’être en solidarité avec la classe ouvrière et paysanne chinoise mais pratique une novlangue dissimulant un même discours bourgeois “d’unité nationale”, presque au dessus des classes que l’on retrouve chez les gaullistes et autres bourgeois et opportunistes sociaux démocrates pensant “fédérer le peuple”.
Relisez ce discours avec un regard critique, voyez vous donc un seul passage qui ne serait pas reprenable par n’importe quel bourgeois ?
Toutes ces expressions: “esprit des travailleurs modèles”; “esprit du travail”; “esprit artisanal”; “qu’ils travaillent avec acharnement et pragmatisme”; “fassent preuve de dévouement professionnel”; “la promotion d’un développement économique”. À part la référence aux travailleurs étant soi-disant “maître du pays” mais cela il doit bien le dire, il est obligé, c’est dans la Constitution, cependant ce n’est pas comme s’il fallait le mettre en application non plus, faudrait pas trop embêter Tencent et Alibaba ainsi que les centaines “d’entrepreneurs du peuple” cumulant les milliards de dollars qu’ils ont très probablement durement gagné en se levant tout les jours travailler à la mine, on les plains, ça doit être très dur pour eux, ces braves camarades “communistes”. [3]
Ce vocabulaire nous montre très bien comment le président de la République “Populaire” de Chine conçoit la fête des travailleurs. Le 1er mai c’est la fête internationale créée par l’internationale socialiste de l’immortel camarade et théoricien du marxisme Friedrich Engels célébrant avant tout la lutte des classes! La libération des travailleurs! C’est une fête éminemment communiste, qui célèbre la lutte ! qui commémore la lutte !
Ce que ce “marxiste” de jure célèbre ce n’est pas la fête des travailleurs, mais la fête du travail ! Avec Xi jinping, c’est la fête de l’exploitation ! Célébrez ! Célébrez donc vos journées de 12h six jours par semaine ! Célébrez donc vos salaires impayés ! Célébrez donc votre exploitation pour le bénéfice de la bourgeoisie protégée par le “glorieux parti communiste chinois” ! Célébrez donc votre humiliation ! Voilà ce que Xi Jinping célèbre avec un tel vocabulaire, mais surtout avec de telles omissions!
Doit on rappeler que l’origine du 1er mai était une grève américaine ? Oui une grève ! Une lutte des classes ! Un mot qui fait si peur à l’actuel troufion scotché au siège de la présidence du Parti des traîtres, des arrivistes et des naïfs chinois au point ou dans son livre de plus de 500 pages, supposé surpasser Mao au point d’en avoir effacer tout le sens dans la théorie révisionniste du “socialisme au caractéristique chinoises”, il ne fait aucune mention au terme “lutte de classes”, si ce n’est une fois: pour préciser que ce terme est une erreur “d’extrême gauche”.
Comment Xi Jinping peut il applaudir une fête commémorant la lutte des travailleurs grévistes, en lutte pour la diminution du temps de travail alors qu’au même moment 2 grèves éclatent dans le pays, prête à être matée, alors que plus tôt dans l’année, la grève de Yilisheng qui marquera encore l’histoire sociale de la Chine ait étée encore une fois lavée dans la répression et la pressurisation, l’alliance des autorités, de l’état du Parti et de la bourgeoisie contre la classe ouvrière, alors qu’au niveau politique, ceux qui osent se rebeller sont envoyé en prison, alors que mêmes les réseaux de discussion internet les plus inoffensif se font infiltrer par la police pour y surveiller les “gauchistes éventuels” qui oseraient questionner le caractère progressiste et ouvrier d’un état et d’un Parti qui a chaque mouvement social, prends le côté des exploiteurs et avance comme seul outil du progrès vers le socialisme “la croissance” et “l’augmentation du niveau de vie” (quelle ironie de parler de niveau de vie dans les conditions du 996 généralisé).
Certains oublient que la Chine a eu sa restauration capitaliste et que les ouvriers chinois sont sous des conditions extrêmement difficiles. Xi Jinping et plus largement le Parti “Communiste” Chinois se montre comme le parti d’avant garde des travailleurs chinois mais ces paroles ne sont que des fumées pour cacher la réalité du système capitaliste chinois.
Pour commencer, suite à la contre-révolution de 1976, les routiers capitalistes chinois ont pris le contrôle du Parti Communiste Chinois et l’ont transformé en un parti révisionniste défendant l’intérêt de la bourgeoisie bureaucratique grandissante. Ce point là nous pouvons très simplement le montrer avec la modification de la Constitution chinoise. En effet, en 1975, lors du 4e Assemblée Populaire Nationale, les députés élus ont voté l’entrée officielle du droit de grève et des nouvelles libertés fondamentales des citoyens . L’article de la Constitution indique que :
Les citoyens jouissent de la liberté d’expression, de correspondance, de la presse, de réunion, d’association, de cortège, de manifestation et de grève ; ils ont la liberté de pratiquer une religion, la liberté de ne pas pratiquer de religion et de propager l’athéisme. […] [4]
Ici nous allons surtout nous intéresser à ce droit de grève. De fait, cet article est un article fondamental, son inscription officielle dans la constitution de la République populaire de Chine marque un changement historique: désormais, le droit de grève est officiellement protégé par la Constitution et personne ne peut retirer ce droit. C’est une décision historique que Mao a soutenue. Mao Zedong est conscient qu’il va bientôt mourir, afin de garantir que le pays ne tombe pas aux mains des révisionnistes, il soutient cette décision et l’a poussé à l’application (les 4 liberté étaient déjà en application depuis la libération bien qu’elles n’étaient pas encore été formalisées dans la constitution).
Malgré les efforts du président Mao, en 1982, lors de la 5e Assemblée Populaire Nationale, la suppression du droit de grève est votée par les nouveaux députés (peut être que l’emprisonnement de tous les députés de gauche ou proches de la gauche y est pour quelque chose). Cette modification de ce droit fondamental a été soutenue par les révisionnistes qui se sont emparés du pouvoir suite au coup d’État de 1976. Le nouvel article indique que :
Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté d’expression, de la presse, de réunion, d’association, de défilé et de manifestation. [5]
Nous pouvons très clairement voir que le droit de grève a été retiré de la Constitution chinoise, mais qu’en est-il de l’explication officielle de cette décision ?
La suppression du droit de grève peut s’expliquer par deux facteurs principaux: d’abord parce que le développement économique est devenu la priorité principale et le passage d’une économie planifiée à une économie de marché, ensuite parce que la nouvelle politique est désormais d’éviter les conflits de travail à grande échelle.
Bref, l’objectif de cette modification peut être résumé par un célèbre slogan de la Réforme et Ouverture : “Le temps, c’est de l’argent ; l’efficacité, c’est la vie ! ” C’est cette vision des révisionnistes qui a provoqué la suppression de ce droit.
Cette décision part d’une théorie droitière, économiste, productiviste, qui pense que la superstructure ne peut pas avancer tant que l’infrastructure est à son développement maximum, c’est la théorie selon laquelle le développement de l’économie c’est à dire le développement des forces productives est la condition sine qua non du socialisme, que sans elle, rien n’est possible. C’est une vision mécaniste de la politique, elle aura permi à la Chine de retomber dans les méandres de l’exploitation capitaliste, elle aura permi à la nouvelle génération d’expérimenter l’humiliation que représentait l’exploitation à l’usine par des gangs de mafieux bourgeois: des voleurs.
Elle aura permis le chômage de masse et l’explosion des inégalités. Un retour de la prostitution, un retour des semaines de 72 heures, un retour de l’extraction de la plus-value par les capitaliste, un retour de la concentration du capital dans les mains d’une poignée “d’entrepreneurs du peuples” que nous marxistes “d’extrême gauche” appelons plus justement des voleurs.
Aujourd’hui, après 50 ans, ce qui était une erreur de la droite du parti s’est transformée en une classe consciente de capitaliste et de bourgeois vivant à l’intérieur même de l’appareil d’État.
Est-il étonnant de la part du Parti “Communiste” Chinois de ne jamais s’opposer à l’exploitation et à envoyer la police sur chaque gréviste quand la majorité des grandes entreprises privatisées après le coup d’état ont été prises par des anciens membres du Parti? Est-il si étonnant de la part d’une assemblée populaire nationale dont plus de 200 de ses députés sont des grandes fortunes, héritiers et bourgeois, de la part d’une assemblée passée de plus de 50,1 % [6] des députés représentant du prolétariat a moins de 16,79 % [7] aujourd’hui, de soutenir une politique inchangée depuis 50 ans consistant à “favoriser la croissance et le développement économique”? Ça les arrange bien!
Ainsi nous avons pu montré dans un premier temps que constitutionnellement, la République Populaire de Chine n’est plus le paradis socialiste où le travail est glorieux. Elle est devenue un pays capitaliste où le profit est en premier lieu et le droit des travailleurs n’est ni en seconde ni en troisième ni en quatrième place mais bien totalement effacé, bafoué pour favoriser la soi-disant “transition économique”, pour favoriser la rente et l’exploitation des capitalistes. Par conséquent, comment ces masses laborieuses pourraient “manifester pleinement leur rôle de maîtres du pays” si ils n’ont même plus le droit de faire la grève contre le patronat et qu’ils sont soumis à la bourgeoisie ? Comment Xi Jinping ose-t-il dire cette phrase ?
De plus, Xi Jinping dit que “les larges masses laborieuses se sont étroitement unies autour du Parti” Ce n’est pas faux mais il faut souligner que ces larges masses laborieuses sont unies autour du Parti parce qu’elles ont la confiance au Parti, parce qu’elles ont bel et bien été les maîtres de la Chine sous la période maoïste. Comment Xi Jinping en même temps trahit cette confiance des masses au Parti et prétend que cette confiance existe et qu’elles sont unies avec le Parti ? N’a-t-il pas honte de dire cela ?
Par ailleurs, au moment même où l’on écrit cet article (le 5 mai, juste 4 jours après le 1er mai), la Chine a déjà eu plus de 53 grèves des travailleurs (livreurs, conducteurs de camions, ouvriers dans la construction etc) depuis le début de l’année 2026 selon les informations du média Yesterday [8]. En moyenne, environ tous les deux jours de ces 4 mois, une grève éclate. Ce chiffre est énorme et très important notamment dans un contexte où le droit de grève n’est plus protégé par les autorités chinoises et constamment réprimé par la bourgeoisie.
Il convient également de souligner que, le jour même de la fête internationale des travailleurs et des travailleuses, deux grèves de travailleurs ont éclaté: une à Guangxi et une à Ningxia.
La première a éclaté dans la ville de Wuzhou où les travailleurs se sont protestés contre les amendes arbitraires dans une “usine noire”[9]. Du 1er au 2 mai, plusieurs chauffeurs de transport de la société Chiyi Iron and Steel ont mené une grève pendant deux jours consécutifs pour protester contre les amendes arbitraires pratiquées de longue date par l’entreprise. Selon les travailleurs, Chiyi Iron and Steel est une “usine noire” bien connue à Wuzhou. Le système d’amendes interne y est sévère et manque de transparence ; la direction impose fréquemment des retenues salariales sous divers prétextes, si bien que certains ouvriers, après un mois de travail pénible, ne reçoivent au final que quelques dizaines de yuans. Les travailleurs indiquent également qu’en raison de l’intensité extrême du travail et des mauvaises conditions, au moins trois ouvriers seraient morts à leur poste en mars de cette année à cause du surmenage. L’accumulation d’un travail intensif sur le long terme et de sanctions jugées injustifiées a suscité un fort mécontentement, conduisant finalement les chauffeurs à cesser collectivement le travail pendant la Journée internationale des travailleurs afin d’exiger la fin des amendes arbitraires et une amélioration des conditions de travail de base. Le 2 mai, certains travailleurs ont déclaré que leurs revendications avaient reçu une réponse et étaient globalement satisfaites, mais les détails précis restent pour l’instant inconnus. [10]
La deuxième grève a éclaté dans la ville de Shizuishan. Au 1er mai, les ouvriers du groupe Shengyan réclament le paiement de leurs salaires suite à l’annonce officiellement du groupe d’arrêt de la production ces derniers jours. Ces ouvriers n’ont donc pas été payés pour leur travail du passé. [11]
Ces deux grèves ne sont pas des événements indépendants, ils sont le reflet du changement radical du système politique chinois. Celui-ci ne représente plus l’intérêt du prolétariat depuis très longtemps. Ces deux grèves montrent bien l’hypocrisie de Xi Jinping. Le jour même où il a déclaré dans son discours qu’il faut “protéger les droits et intérêts légitimes des travailleurs, s’efforcer de résoudre les problèmes urgents et préoccupants, et mobiliser et encourager les travailleurs à lutter sans relâche pour la réalisation de ce grand projet.” Il a dit cela alors qu’au même moment, deux grèves qui sont justement à l’origine d’ignorance des droits et des intérêts légitimes des travailleurs éclatent ! Quelle blague !
Enfin, nous avons donc pu montrer l’absurdité du discours du 1er mai de Xi Jinping et de son hypocrisie. Il est important en tant que marxiste d’aujourd’hui de comprendre l’origine de classe de la Chine actuelle et de défendre les travailleurs chinois dans leur lutte contre la bourgeoisie bureaucratique chinoise ! Il n’y a qu’une solution pour les travailleurs chinois : la Révolution ! Seule une guerre populaire dirigée par un Parti Communiste Chinois reconstruit et digne de son nom peut libérer les travailleurs chinois de l’exploitation!
Sources et Notes
[1] 在“五一”国际劳动节到来之际 习近平向全国广大劳动群众致以节日祝贺和诚挚慰问. (2026, 1 mai). 央广网. Consulté le 5 mai 2026, à l’adresse
https://china.cnr.cn/news/sz/20260501/t20260501_527607394.shtml
[2] 韬光 Tāo guāng: Dissimuler sa lumière / Cacher son éclat; 养晦 Yǎng huì: Cultiver l’obscurité / Se tenir dans l’ombre
[3] En Chine communiste, une centaine de milliardaires au Parlement. (2017, 3 mars). Trends Tendances.
[4] Constitution du 17 janvier 1975. (1975). Éditions en langues étrangères.
https://mjp.univ-perp.fr/constit/cn1975.htm
[5] 维基媒体项目贡献者. (2024, 17 octobre). 中华人民共和国宪法 (1982年). 维基文库,自由的图书馆.
https://zh.wikisource.org/wiki/%E4%B8%AD%E5%8D%8E%E4%BA%BA%E6%B0%91%E[…]
[6] 翻天覆地. (2024, 21 avril). 复兴网. Consulté le 6 mai 2026, à l’adresse
https://www.mzfxw.com/e/action/ShowInfo.php?classid=8&id=182486
[7] 人大代表中基层群众占有相当比例-新华网.
https://www.news.cn/2023-03/[…]
[8] Yuyu, & Yuyu. (2026, 12 mars). 中国群体抗争事件汇总(已发布部分)(2026年2月) – 昨天. 昨天 – 中国集体抗争事件记录网.
https://yesterdayprotests.com/%e4%b8%ad%e5%9b%bd%e7%be%a4%[…]
Yuyu, & Yuyu. (2026b, mai 3). 「中国群体抗争事件汇总(已发布部分)(2026年4月)」 – 昨天. 昨天 – 中国集体抗争事件记录网.
https://yesterdayprotests.com/%e3%80%8c%e4%b8%ad%e5%9b%bd%e7%be%[…]
Yuyu, & Yuyu. (2026b, mai 3). 中国群体抗争事件汇总(已发布部分)(2026年3月) – 昨天. 昨天 – 中国集体抗争事件记录网.
https://yesterdayprotests.com/%e4%b8%ad%e5%9b%bd%e7%be%a4%e4%bd%93[…]
[9] L’expression chinoise “黑厂” (hēi chǎng), que l’on peut traduire littéralement par “usine noire”, ne désigne pas une usine de couleur noire, mais une usine illégale ou clandestine.
[10] Yuyu, & Yuyu. (2026d, mai 3). 广西梧州工人“五一”连日罢工,抗议黑厂任意罚款(2026.05.01–02) – 昨天. 昨天 – 中国集体抗争事件记录网.
https://yesterdayprotests.com/%e5%b9%bf%e8%a5%bf%e6%a2%a7%e5%[…]
[11] Yuyu, & Yuyu. (2026b, mai 2). 宁夏晟晏集团工人“五一”节讨薪(2026.05.01) – 昨天. 昨天 – 中国集体抗争事件记录网.
https://yesterdayprotests.com/%e5%ae%81%e5%a4%8f%e6%99%9f%e6%99%[…]

