Auteur : Koba FTP
Beaucoup de gens ne comprennent pas ce que l’on veut dire par « guerre populaire », trop brouillé par la propagande anti-communiste d’une part, et trop brouillée par l’absence d’unanimité sur la définition de ce qu’est concrètement la guerre populaire. D’une autre part, énormément de fausses idées (souvent provoquée par l’incompréhension, parfois propagée consciemment pour salir le maoïsme) sont propagées par des opportunistes et des révisionnistes, rendant l’apprentissage de ce qu’est la guerre populaire encore plus dure pour beaucoup.
Les marxistes-léninistes refusant de voir les apports objectifs universels du maoïsme tentent de le reléguer à une simple « application du marxisme-léninisme dans les pays dominés ». C’est une pratique courante quand un apprentissage nouveau vient remettre en question la pratique de ces partis. Déjà en 1917 lorsque la Révolution d’octobre a éclaté, les opportunistes en Europe et en Amérique du Nord s’exclamaient déjà qu’il n’y avait rien d’universel à tirer de la Révolution d’octobre, que les stratégies utilisées par le Parti Bolchévik n’étaient applicables qu’à la Russie, et par conséquent, que rien ne devait changer dans la gestion des partis en Europe.
Cependant, la réalité objective de la supériorité des idées justes correspondant à la réalité sur les idées fausses n’y correspondant pas c’est rapidement vérifiée dans la pratique en Europe par l’obsolescence et la dégénérescence des partis marxistes en partis d’alliance avec la bourgeoisie, de gestion de l’appareil bourgeois et de support de l’impérialisme au sein de la classe ouvrière: un parti de dictature de la bourgeoisie !
C’est exactement la même chose qui c’est produite avec les partis léninistes qui ne surent appliquer les apprentissages de Lénine correctement et qui lors de l’après-guerre, refusèrent les apports de la Révolution chinoise et préférèrent suivre l’Union Soviétique révisionniste, dégénérant alors à nouveau en parti sociaux démocrates de gestion du capitalisme comme le Parti « Communiste » Français (P »C »F) de Fabien Roussel, le Parti « Communiste » Italien (P »C »I) qui c’est auto-dissout et la quasi-totalité des Partis Communistes européens morts dans l’échec final du révisionnisme en 1991.
Alors aujourd’hui le mouvement marxiste se reforme avec difficulté, mais on voit clairement que la crise est en train de construire les éléments qui mèneront à la fin du capitalisme et que nous devons nous saisir de cette opportunité.
Il est très important pour ce communisme en reconstruction de ne pas répéter les erreurs du P »C »F révisionniste et de sortir du dogmatisme, s’ouvrir aux idées nouvelles, aux nouveaux développement du marxisme léninisme dans le maoïsme.
Alors il y a plusieurs incompréhension vis à vis de la guerre populaire :
- La première et la plus commune est la vision (erronée et mal informée) des léninistes « orthodoxes » de la guerre populaire, mais aussi de la Révolution d’octobre.
- La seconde, c’est la vision contredisant le caractère « prolongé » de la guerre populaire.
En somme: l’un remet en question le caractère universel de la guerre populaire, et l’autre ne remet en cause que sont caractère prolongé.
La première est représenté par tout les partis révisionnistes, opportunistes ou plutôt, des camarades qui refusent de grandir, qui bien souvent ne prennent même pas la peine de lire et de s’intéresser aux textes du maoïsme.
La seconde est représentée par des camarades qui se font influencés par des partis maoïstes des pays qui ont des conditions similaires à la Chine avant la Libération. Ainsi, dans le centre impérialistes qui fort de leur expériences dans ces pays, pensent pouvoir nier le caractère prolongé que revêtira la guerre populaire dans le nôtre.
I.La guerre populaire universelle?
L’argument le plus souvent avancé par les léninistes dogmatiques est que la guerre populaire n’est qu’une stratégie convenant qu’à la Chine et au Vietnam, ne convenant qu’aux pays dominés. En somme, ils ne font qu’analyser la guerre populaire en Chine et au Vietnam et en concluent que puisque cette stratégie s’est développée dans des pays de la périphérie impérialiste, elle n’y est donc applicable que là bas.
La justification « scientifique » a cette observation simpliste est souvent le « mode de production agraire ». Une économie agraire concentre une classe de paysans pauvres exploités dans la campagne, il est donc possible pour le Parti Communiste dans ces pays agraires d’organiser ces paysans pauvres et de construire les bases de libération dans les zones rurales avec une présence prolongée sur parfois plusieurs années. Il serait donc impossible pour les communistes dans les pays où les forces révolutionnaires sont majoritairement urbaines ( c’est-à-dire dans le centre impérialiste: France, Allemagne, Belgique …) , de lancer une telle guerre révolutionnaire.
À partir de là plusieurs théories peuvent être proposée :
- Les héritiers de l’anarcho-syndicalisme (ou « syndicalisme révolutionnaire ») français (longue tradition économiste ayant abouti à de nombreux échecs de part la nature spontanéiste de cette théorie) nous propose encore et toujours la stratégie de la grève générale !
- Les Léninistes dogmatiques nous proposent la stratégie que l’on pourrait appeler de « l’insurrection générale »
- Et les communistes les plus mous nous proposent la stratégie électorale, oscillant entre prise du pouvoir pacifique par les élections via la division parlementaire du Parti Communiste, prise du pouvoir électorale mais qui n’est possible qu’avec un mouvement de masse fort pour le soutenir, ou carrément se fondre dans la France Insoumise et supporter la proposition la plus à gauche dans les candidats ayant la possibilité de remporter la mascarade électorale.
1.L’Insurrection générale et « la voie d’octobre »
Commençons par la théorie de l’insurrection générale. Ce qui nous est vendu comme la stratégie la plus avancée de la révolution dirigée par le Parti Communiste est souvent cette légendaire « voie d’octobre ».
Le problème de cette théorie est premièrement le flou qu’il l’entoure. Dans la majorité des partis se réclamant de cette fameuse voie d’octobre, on peut retrouver qu’en général la question militaire (qui chez eux se résume qu’à la question de l’insurrection) n’est jamais posée, ou quand elle est posée c’est soit sur le ton de la plaisanterie ou de la rêverie, soit sur le ton du slogan pseudo-révolutionnaire purement verbal, soit elle est rapidement balayée et remise a plus tard « quand le moment sera venu ».
Il est difficile de trouver un texte résumant parfaitement la stratégie de l’insurrection générale, mais si l’on veut trouver un texte qui résume la chose de la manière la plus concise chez le parti bolchévique, nous pourrions user de cet article de Staline écrit en 1921, après la Révolution, décrivant la stratégie du Parti Bolchévik pendant la Révolution de 17 et intitulé : La stratégie politique et les tactiques des communistes russes [1][2].
Cet article nous montre comment le Parti Bolchevik conçoit la stratégie et la tactique révolutionnaire. L’idée qu’il faut bien attendre d’avoir les conditions objectives nécessaires réunies avant de lancer l’insurrection y est expliquée en long et en large par Staline. Le fameux « bon moment » que les léninistes dogmatiques nous rabâchent sans cesse.
Il serait donc complètement absurde pour les communistes de lancer une guerre populaire dès la création du parti, de commencer les actions violentes dès le départ car l’on ne prêterait pas attention aux conditions objectives nécessaires. Alors il faut donc adopter une stratégie d’accumulation des forces pacifiques, ne se cantonner qu’aux actions non-violentes : réunions, débat, tractages, journaux, propagande et agitprop, s’occuper des luttes économiques et des revendication directes, en résumé tout les travaux que fait un Parti Communiste sauf sa dimension militaire. La dimension militaire elle, ne doit être posée que lorsque les conditions nécessaires sont réunies, le fameux jour J, le jour de l’insurrection générale ! Là seulement l’on pourra prendre les armes et lancer la prise du pouvoir du prolétariat, le renversement de la bourgeoisie !
Voilà la théorie à laquelle on aboutit lorsque que l’on ne saisit pas l’intégralité des enseignements d’octobre. Ce à quoi nous avons affaire ici, est un cas décolle du spontanéisme caché sous le masque du léninisme le plus orthodoxe : la théorie de l’insurrection générale s’attend à ce que la dimension militaire du Parti se résolve d’elle même le jour de la Révolution, cependant il est faux, historiquement incorrect et matériellement infaisable de considérer que l’insurrection générale est possible sans une lutte prolongée sur le plan militaire dès la création du Parti.
En effet, si nous reprenons le texte de Staline et la pratique du Parti Bolchevique et que nous les lisons correctement (c’est-à-dire avec tout le contexte nécessaire) , nous nous rendons compte que tout ça ne contredit pas la théorie de la guerre populaire. La seule différence, c’est que la théorie de la guerre populaire est plus complète : Mao et Gonzalo l’ont théorisée, alors que Staline et Lénine ont appris sur le terrain sans chercher ce qu’il y avait d’universel dans leur expérience. Cependant la Révolution d’octobre était déjà une guerre populaire dans la pratique et l’article de Staline que nous présentons est déjà un embryon, pas une théorie complète, mais un embryon de la théorisation de la guerre populaire.
En réalité, ce que Staline décrit ici correspond exactement à la dernière phase de la guerre populaire, « l’offensive stratégique » : il décrit ce « bon moment » où toutes les conditions objectives et subjectives sont réunies pour lancer l’offensive générale. C’est la phase la plus visible, celle où il y a une véritable guerre de mouvement, avec de grandes armées qui s’affrontent.
Mais l’erreur spontanéiste que beaucoup font — et que la théorie de la guerre populaire corrige — c’est de croire que cette phase arrive directement. En réalité, c’est la dernière étape d’un long processus. Les conditions subjectives n’apparaissent pas par magie : elles sont le résultat d’une lutte prolongée.
Pour citer quelques éléments des conditions subjectives nécessaires à la Révolution en général : il faut un outil politique fortement organisé, le Parti, et un Parti expérimenté. Une organisation de ce type ne peut pas se forger simplement en attendant, en débattant ou en distribuant des tracts ; elle ne peut apparaître qu’après une lutte politique prolongée, à l’intérieur et à l’extérieur du parti, à travers l’expérience d’événements concrets qui forgent le parti et ses membres. Ces événements peuvent être violents, comme la Révolution de 1905, qui a réellement forgé le Parti Bolchevik, ou encore la Résistance en France et en Belgique qui ont été aussi des évènements ayant forgés la génération la plus combative de militants communistes ( dans tous les sens du terme ), les soulèvements en Allemagne après la Première Guerre mondiale, les émeutes en France en 2023 ou le mouvement des gilets jaunes. Tous ces événements, toutes les actions qui y sont menées, forgent cet organe politique d’un type nouveau qu’est le Parti Communiste. Tout ça n’apparaît pas par magie, elles se forgent dans la lutte.
Il en va de même pour le plan militaire ! Et c’est là que les léninistes dogmatiques ne comprennent pas ! Il faut aussi une armée ! C’est une loi générale de la guerre : on ne combat une armée qu’avec une autre armée, sauf si l’on est un anarchiste inconscient. Cette armée elle aussi ne peut être formée que par une lutte prolongée; elle n’apparaît pas par magie. Il faut rompre avec l’idée qu’un jour tout cela nous tombera entre les mains tout seul : ce n’est que par le travail que cela se construit.
Tout cela fait partie des conditions subjectives dont parle Staline. Le Parti Bolchevique les possédait. Lénine y travaillait déjà en 1905, les communiste étaient auteurs de plusieurs actions armées [3][4][5] :
- Braquages de banques,
- Expropriations,
- Attaques de convois,
- Vols d’armes,
- Récupération d’explosifs.
Le cas le plus connu est le braquage de Tiflis de 1907, organisé par des révolutionnaires liés aux Bolcheviks, avec des figures connues comme Joseph Staline [6]. L’argent servait à financer la presse clandestine, les réseaux militants et parfois les activités armées. Les Bolcheviks avaient aussi des caches d’armes dans certaines villes industrielles. la date de 1905 a également été une énorme école politique et militaire : les révolutionnaires ont appris comment construire des barricades, organiser des grèves insurrectionnelles, coordonner des cellules clandestines, infiltrer des syndicats et soviets, utiliser des armes légères en milieu urbain. Montrant encore une fois que 1917 ne peut pas exister sans toute cette véritable guerre constante menée par les communistes, sans les apprentissages qui se font lors des grands évènements insurrectionnels ou manifestations, même quand ceux-ci se retrouvent réprimés !
Lénine se soucie de former des militants qui sachent se comporter en conspirateurs professionnels, tout en ne perdant pas de vue la nécessité pratique de militer de façon plus ouverte auprès des ouvriers. Clandestinement, Lénine développe des organisations secrètes, formées des mêmes militants, chargées de fabriquer des armes, des munitions ou de vider les caisses des banques pour renflouer celle du parti. Pour l’année 1906, ces groupes opèrent 362 expropriations, 121 actes terroristes, et on compte 47 combats avec la police. Bien des défauts apparaissent. Les groupes secrets développent une tendance à former des spécialistes du coup de main qui se transforment en adeptes de la conspiration pour la conspiration et s’isolent de la population. Dans le Caucase, où cette activité s’est particulièrement développée, il se serait produit 1 150 actes de terrorisme, probablement sous la direction de Staline. [5]
L’insurrection de Moscou de décembre 1905 a particulièrement formé les Bolcheviks par la pratique : ils ont compris qu’une Révolution avait besoin du soutien d’une partie de l’armée, d’une direction centralisée, du contrôle des communications et transports… Lénine a beaucoup réfléchi à ces questions après l’échec de 1905. Le Parti se forge dans la lutte, il se forge dans la pratique, tout remettre à plus tard n’est pas un comportement digne d’un communiste.
De surcroît, les Bolcheviks ont passé des années à distribuer des journaux dans les casernes, recruter des soldats, infiltrer les soviets de soldats, faire de l’agitation antimilitariste pendant la Première Guerre mondiale. En 1917, beaucoup de garnisons de Petrograd étaient déjà radicalisées ! [7] Grâce à ce travail, plusieurs soldats refusaient d’obéir aux ordres, sympathisez avec les soviets et détestaient la guerre impérialiste. Cela montre aussi que même des conditions objectives à priori non favorable peuvent être transformée par l’action révolutionnaire subjective.
Encore sur le plan militaire (nous prenons le temps de bien développer ce point étant donné le besoin de précision sur la question militaire) on voit que dans une forme embryonnaire, (mais comme pour beaucoup de choses avec la Révolution bolchévique, vous savez, c’était une première tout n’était pas parfaitement développé et encore moins théorisé) certains militants avaient déjà une expérience de combat et une préparation à la tactique militaire pour les besoins de l’insurrection. Certains avaient déjà acquis de l’expériences dans le domaine militaire datant de 1905, d’autres une expérience dans l’armée tsariste, parfois une formation technique (explosifs, armes, communications).
Bien sûr il n’existait pas encore une armée bolchevique formelle telle que celles formées par le Parti Communiste Chinois (PCC) ou Péruvien (PCP) avant 1917, mais la pratique concrète de ces militants étaient déjà des embryons de cette stratégie. Nous ne cherchons pas à dire que la Révolution russe est déjà la théorie de la guerre populaire telle qu’on l’a connu aujourd’hui, mais bien à démontrer qu’opposer la pratique russe, étant une forme embryonnaire de la guerre populaire, une pratique en réalité extrêmement semblable à la guerre populaire sur énormément de points malgré de nombreuses particularités historiques ou erreurs de la Révolution russe, à la théorie de la guerre populaire n’est pas honnête. La théorie de la guerre populaire englobe la Révolution russe, elle ne l’exclu pas, elle s’est même construite sur l’expérience pratique russe et en a tiré, tout comme l’expérience chinoise, vietnamienne, péruvienne, philippine, les éléments universels.
Ensuite pour ce qui est des conditions objectives de l’insurrection, elles, dépendent bien sûr d’événements extérieurs, mais il ne faut pas être mécaniste : ces événements sont un facteur important, souvent déterminant, mais si les conditions objectives ont été réunies en Russie ou en Chine, c’est aussi grâce à l’action consciente du Parti et des masses. C’est un processus dialectique. Là encore, on ne peut pas attendre que les conditions objectives se réalisent d’elles-mêmes : il faut aussi les construire. Cela fait partie du travail révolutionnaire. Bien sûr qu’il ne faut pas tomber dans le volontarisme, mais l’attentisme est notre problème principal dans le centre impérialiste ! Regardez la Nouvelle Politique Economique (NEP) : c’est exactement ce qui s’est passé. Tout le monde disait qu’on ne pouvait pas construire le socialisme dans un pays paysan et sous-développé comme la Russie, qu’il n’y avait pas les conditions objectives. Lénine a répondu : « construisons ces conditions ». Et encore une fois, c’est par le travail qu’elles ont été réunies.
Qu’est-ce que tout cela signifie ? Que toute guerre révolutionnaire, toute guerre populaire, nécessite une longue préparation, Révolution bolchévique comprise. Si tu penses que l’aspect violent de cette préparation ne commence qu’au moment décisif, tu es foutu : la révolution échouera.
Ainsi, quand le Parti est créé, il doit agir immédiatement sur tous les plans : politique, revendications économiques, organisation des femmes, des personnes LGBT et des minorités, militaire, front uni… tout en même temps. Construire le Parti, c’est faire tout cela.
Il n’est pas question de dire « non pas sur ce plan là il est trop tôt, non pas sur ce plan ci, les conditions objectives ne sont pas encore là… » Si tu penses qu’il faut attendre l’insurrection (qui suppose que le prolétariat soit avec toi), mais que tu n’as aucune expérience de la lutte armée, de la stratégie militaire, que tu n’as pas d’armes, que tu ne sais pas fabriquer une bombe, que tu n’as jamais étudié le terrain ou dirigé des troupes, tu seras écrasé par la bourgeoisie ! C’est aussi simple que cela ! C’est pour cela que le maoïsme affirme que le pouvoir est au bout du fusil, et qu’il ne faut pas attendre l’insurrection finale pour commencer à tirer. Lénine en parlait déjà : il critiquait les membres du parti qui parlaient sans cesse de révolution mais en avaient peur.
« Cela me terrifie — je vous le dis franchement — de voir qu’on parle de bombes depuis plus de six mois sans qu’une seule ait été fabriquée ! […] Allez vers la jeunesse ! C’est la seule solution ! Sinon — je vous le dis — il sera trop tard […] Formez immédiatement partout des groupes de combat […] Qu’ils s’arment comme ils peuvent […] » [8]
Ce n’est pas de « l’opportunisme de gauche », ce sont simplement les lois générales de la guerre : une armée ne se crée pas par magie, elle doit être formée.
La théorie de l’insurrection générale n’est rien d’autre qu’une interprétation spontanéiste et ahistorique de la Révolution d’octobre et n’est en rien la « stratégie léniniste »! Ceux qui malgré cet exposé continuent de clamer que l’accumulation pacifique des forces, ne pas s’engager dans la violence révolutionnaire, ne pas s’engager dans une véritable guerre contre le vieil état et ne s’insurger que quand les conditions objectives sont là est le véritable apprentissage de la Révolution d’octobre insultent Lénine, assimilant le travail des communistes russes, à une simple stratégie spontanéiste, reléguant ainsi le léninisme au Panthéon des anarchismes et des stratégies de lutte désorganisées !
2.Foqoisme, guevarisme, putschisme et militarisme: les accusations dénuées de sens des opportunistes de droite
Certains léninistes dogmatiques ou opportunistes de droite en tout genre nous accusent d’être des « aventuristes », des « opportunistes de gauche » voir des « terroristes ». À ça nous répondrons plus rapidement qu’il faut arrêter d’être de mauvaise foi et de mettre des mots dans la bouche des maoïstes ! Ni le Parti Communiste Chinois, ni le Parti Communiste du Pérou ne parlent de sortir place de la République avec une kalashnikov, une casquette Mao et un portrait de Gonzalo tirer sur des policiers aléatoirement en chantant l’internationale ! Bien que l’image peut exciter certains anarchistes, les maoïstes ont toujours été a la pointe de la lutte contre cette tendance au putschisme, au militarisme et a l’aventurisme !
Comment peut on assimiler les groupes d’extrême gauche des années 70-80 (Cellules Communistes Combattantes, Action Directe, Brigade Rouges, Armée Rouge Japonaise, Armée Rouge Allemande…) aux partis maoïstes alors que ceux-ci ont toujours été les premiers à lutter contre ces tendances et en faire la critique constructive alors qu’au même moment, les léninistes orthodoxe qui sont les plus nombreux à nous lancer cette accusation à la figure étaient soit les initiateurs de ces groupes soit avaient une sympathie pour eux au point de totalement oublier d’en faire la critique ?
L’un des textes les plus importants du maoïsme se trouve être L’élimination des conceptions erronées dans le Parti [9] un texte qui désigne spécifiquement les tendance militaristes déconnectées des masses comme dangereuse pour la Révolution !
Ces tendances ne sont pas des problèmes rencontrés exclusivement dans le centre impérialiste, dans les années 80, c’est une tendance générale dès qu’il y a une lutte armée même dans les pays dominés, les communistes chinois ont dû combattre ses tendances dès les années 20, les guévaristes (souvent supportés par les léninistes dogmatiques, ou du moins on ne le critique pas ou beaucoup moins que le PCP ) ont cultivés cette tendance et en ont fait leur stratégie globale qui a globalement échouée (échec en Bolivie ou le Che s’est fait attraper, échec au Congo où la révolte des Simba s’est transformée en armée meurtrière vivant sur le dos de la population, échec en Colombie avec les FARC, échec au Pérou avec le MRTA qui était d’ailleurs à l’origine des massacres d’homosexuels basé sur la théorie des révisionnistes cubains consistant à dire que l’homosexualité est une « dérive bourgeoise » et qui a quand même été assimilée au PCP dans le cadre de la campagne de propagande anti-communiste contre le Parti Communiste [10] … ).
Les maoïstes ont analysé ces théories, le président Gonzalo a lui aussi lourdement critiqué ces tendances, l’un des enseignements universels important tiré par le PCP de l’expérience chinoise dans le cadre de leur énorme travail théorique sur les apports universels tirés de celle-ci, est la fameuse ligne de masse quoi de plus anti-militariste que la ligne de masse ? Concept clé du maoïsme qui nous explique bien que le Parti ne peut fonctionner qu’en relation avec les masses, que les communistes doivent être comme des poissons dans l’eau, être immergés au seins des masses, participer à leur vie, répondre à leur besoins, ne pas vivre comme un poids au dessus d’eux mais bien avec eux !
Un autre enseignement souvent cité sans être toujours compris dans sa signification totale c’est « le Parti commande le fusil » en opposition avec la doctrine militariste du « fusil contrôle le Parti » ou tout simplement d’un fusil seul, d’une armée sans tête, d’un soldat sans conscience politique et comme dirait le camarade Thomas Sankara: « Un militaire sans formation politique, idéologique, est un criminel en puissance. »
Est-ce vrai de penser que toute lutte armée dans un pays impérialiste comme la France ne peut aboutir qu’à ce type d’organisation militariste ? Sur quelle base dites-vous ça ? Quelle preuve concrète vous avez à nous apporter pour prouver cela ?
La vérité c’est qu’encore ici, vous parlez plus que vous ne pensez ! Vous avez vite fait de lancer l’accusation de militarisme parce que tout le monde déteste ou du moins a peur de ces déviations gauchistes, mais mêmes ces déviations dont vous nous accusez de faire partie, vous ne les avez pas étudiées !
Si vous l’aviez fait ne serait-ce qu’un peu, vous vous seriez rendu compte que l’erreur de ces organisations n’était pas d’avoir mené une lutte armée, mais bien que cette lutte était isolée des masses, n’avait pas de direction politique claire, ne se concentrait sur qu’un domaine de la Révolution : le domaine militaire (délaissant tout reste du travail tout autant nécessaire que le militaire) et aventuriste (elle prenait des risques inutiles). Autrement dit ces organisations n’avaient rien a voir avec un Parti Communiste basé sur le Marxisme-Léninisme-Maoïsme (MLM) menant une guerre populaire !
Lénine disait la même chose sur les fameux « terroristes » qui posaient des bombes partout en Russie (et en France quand il est passé à Paris entre 1908 et 1912):
« Les terroristes et les “économistes” sous-estiment l’activité révolutionnaire des masses. Les uns se lancent à la recherche d’“excitants” artificiels (ils parle des actes de terrorisme individuels style poser des bombes), les autres parlent de “revendications concrètes”. Les uns comme les autres ne prêtent pas une attention suffisante au développement de leur propre activité en matière d’agitation politique et d’organisation révolutionnaire. » [11]
Encore autre part, on voit une critique embryonnaire de l’idée de ligne de masse :
« Celui qui mène effectivement son travail révolutionnaire en liaison avec la lutte de classe du prolétariat sait parfaitement quelle masse de besoins immédiats et directs restent insatisfaits […] la masse ouvrière brûle littéralement d’engager la lutte, mais ces élans sont rendus vains par le défaut de dirigeants, d’organisation et de moyens révolutionnaires. » [11]
Il explique bien ici que le problème du poseur de bombe isolé n’est pas principalement moral mais surtout qu’il agit séparément de l’organisation révolutionnaire des masses, il produit une “sensation” mais ne construit pas un mouvement capable de prendre le pouvoir. Cela ne peut remplir qu’un rôle purement symbolique ! Il critique particulièrement ce qu’il appelle le “terrorisme excitatif” ou « l’aventurisme révolutionnaire”
Néanmoins, il ne l’assimile pas à tout usage de violence comme nos « léninistes » de pacotille tentent de nous faire croire, il dit bien au contraire que le problème de cette violence c’est qu’elle ne soit pas organisée dans « l’organisation révolutionnaire des masses » « en liaison avec la lutte des classes du prolétariat » , en théorie maoïste, ces remarques pas encore théorisée à l’époque par Lénine sont officialisée avec le maoïsme dans la théorie du Parti Communiste de « la politique au commande » le fameux « Parti dirige le fusil » et dans la théorie de la « ligne de masse » le fameux « poisson dans l’eau ».
Les citations de Mao ne servent pas qu’à « sonner révolutionnaire », à se marrer, ou à montrer qu’on connait quelques expressions chinoises : elles ont un véritable sens, et on ne devrait pas les lancer a tort et a travers comme des formules magiques sans les comprendre ou les étudier un minimum sérieusement. Encore Lénine:
« Les actes individuels de terrorisme ne créent qu’une sensation éphémère et conduisent à long terme à l’apathie et à l’attente passive d’une autre ‘sensation’. » [11]
« La tentative de prise du pouvoir […] réalisée par la terreur […] était majestueuse, tandis que le terrorisme ‘excitatif’ […] est simplement ridicule. » [11]
Une « terreur majestueuse », on paraphrase, mais il faut bien comprendre que nous n’avons pas affaire à du cynisme ou à un « méchant totalitaire » tout à fait amoral que nous dépeins la bourgeoisie dans cette phrase, mais bien à la compréhension léniniste et également maoïste de la violence révolutionnaire ! Les actes de terrorisme individuels, sans ligne de masse, sans parti, sans direction politique, isolés et purement « excitatif » comme dirait Lénine, voilà ce qu’est l’aventurisme! l’opportunisme de gauche ! Une armée sous direction du Parti, qui mène des actions de manière coordonnée, planifiée, dans le but de servir les intérêts du prolétariat, pour lui par lui et avec lui, voilà la conception léniniste de la violence révolutionnaire ! Il n’y a rien d’opportuniste là dedans !
3.La théorie de la « grève générale »: les résidus de l’anarcho-syndicalisme meurent difficilement
Passons à la seconde stratégie souvent avancée par les léninistes dogmatiques, mais aussi par des anarchistes et des trotskystes : la grève générale.
La grève générale est censée, là encore (parce que visiblement en France, on aime les prophéties messianiques du « grand soir » qui embrasera tout spontanément sur son passage), se déclencher par l’action spontanée des masses prolétariennes ! L’idée part du postulat à priori logique derrière tout mouvement de grève : la société moderne fonctionne grâce au travail des ouvriers : trains, usines, ports, mines, électricité, postes, nourriture, etc… Donc si tous les travailleurs arrêtent de travailler en même temps : l’économie s’arrête, l’État est paralysé et la bourgeoisie perd son pouvoir réel. Le mot d’ordre est parfois avancé par les réformistes dans une optique qui est la leur, mais nous allons nous intéresser aux partis syndicalistes révolutionnaires qui pensent sincèrement pouvoir prendre le pouvoir via cette stratégie. La stratégie est plutôt simple: les travailleurs arrêtent toute production, ils prennent le contrôle des lieux de travail et remplacent progressivement l’État et les patrons. Pour certains, les syndicats deviennent directement l’ossature de la future société dans ces cas plus besoin de Parlement, plus besoin d’État central fort et les producteurs organisent eux-mêmes la société. (ça en général c’est plutôt la tendance purement syndicaliste que les partisans léninistes de cette théorie ainsi nous allons pas trop s’attarder dessus)
Cette théorie est en réalité une tendance historique de la gauche française, le Parti Communiste lui-même s’est construit sur une base anarcho-syndicaliste qui était au fait la branche la plus révolutionnaire de la SFIO (le PS de l’époque) lors du congrès de Tours, et décida de partir fonder le PCF (raison pour laquelle nous trouverons beaucoup d’erreur commune de l’anarcho-syndicalisme dans la pratique du PCF et une interprétation jamais pleinement maitrisée de ce qu’était vraiment le marxisme-léninisme).
Cependant, elle est tout à fait irréaliste, emplie de conception économistes, anarchistes et petites bourgeoise : une grève générale peut être utile mais elle ne suffit pas pour prendre le pouvoir. Pourquoi ? Parce que l’État garde tout son appareil de répression : l’armée, la police, l’administration, les armes, les communications. Encore une fois, il faut présenter les lois de la guerre en général : une armée ne peut être vaincue que par une autre ! C’est tout ! Si la grève n’évolue pas vers une insurrection organisée par le Parti Communiste, elle finit inévitablement écrasée, épuisée, ou récupérée. Les Bolcheviks pensaient déjà à l’époque de Lénine que la grève générale est une phase possible, mais qu’il faudra quand même toujours à la fin une organisation politique, des soviets, des forces armées révolutionnaires et une prise du pouvoir central.
Ce mythe a maintes fois prouvé son infaisabilité et sa stature de simple « belle histoire » que se raconte des révolutionnaires frustrés, acculés par le révisionnisme et l’opportunisme, en manque de perspective qui recherche une sorte de « réconfort » dans l’idée de grève générale, mais c’est tout ce qu’elle est : un mythe !
Georges Sorel qui était une figure de cette théorie déjà au tout début du 20ème siècle voyait déjà lui même la grève générale comme un “mythe mobilisateur”. [12] C’est-à-dire que même pour une des figures fondatrice de cette théorie, la grève générale n’était pas pour lui, forcément un plan technique précis mais plutôt une vision héroïque, une idée capable de donner une conscience révolutionnaire aux ouvriers. La grève générale devient une sorte d’image mentale de la révolution, idéalisée plus que pratique.
On voit bien ici l’influence anarchiste d’une telle théorie, on retrouve la même caractéristique de la recherche de « l’excitant » et de « l’héroïque » plus que de l’utile. Et nous retrouvons toujours le même problème encore et encore, toute organisation, tout révolutionnaire qui ne pose pas la question de l’organisation de la violence, de comment celle ci doit être menée, ne peut arriver qu’au réformisme! C’est la seule résultante possible.
4.L’Electoralisme et la transition pacifique au socialisme
De part la taille et l’ampleur bien supérieure à celle des petits groupuscules léninistes dogmatiques, nous avions déjà traité la question de la stratégie réformiste en y opposant la nécessité de violence révolutionnaire en démontrant que celle ci est une nécessité historique, accoucheuse de tout changement d’une dictature de classe à une autre dans un article dédié Reconstruction du Parti communiste et la question de la violence. Nous vous recommandons de lire celui ci pour étendre d’avantage le débat sur la nécessité de la violence révolutionnaire. Cependant, par souci d’exhaustivité, nous allons rapidement aborder la question une seconde fois ici en résumant vite fait les erreurs principales des différentes tendances électoralistes.
Premièrement, la tendance consistant à croire que l’élection d’un « Parti Communiste » (PCF), trotskyste ou autre (parfois même la France Insoumise pour certains), la majorité dans les urnes pour y mener un candidat à la position de président ainsi que les députés à l’assemblée, suffisent pour entraîner « la rupture » sont erronées et historiquement fausse. Jamais, dans toute l’histoire, un tel Gouvernement n’a su opérer une telle rupture !
La raison à cela est simple: on ne peut transformer la machine d’état bourgeoise, ses institution, sa police, son armée, ses supports et autres alliés et cartes a jouer simplement en participant. Détenir la présidence ne signifie pas contrôler le pays, être à la tête de la machine d’état ne signifie pas renverser la dictature de classe.
Le Parti Communiste Français l’a très bien expérimenté dans son histoire et malgré ces travers, a considéré pendant longtemps que le pouvoir de l’état bourgeois ou la majorité au Parlement ne pouvait suffire à renverser le capitalisme. Le Parti Socialiste (PS) l’a démontré en 81, avec un programme bien plus radical que celui de la France Insoumise d’aujourd’hui ou du PCF (qui comprenais notamment la nationalisation de toutes les banques) , qui avait su mobiliser tout le pays dans l’un des records de participation à une élection avec plus de 80% de votants, finalement ce sera encore un pétard mouillé pour la social-démocratie qui finira au rang des sociaux traîtres, les tenants de l’implémentation de toutes les mesures néo-libérales en France, Mitterrand ne sera finalement retenu que pour un très rapide et court sprint en début de mandat, suivit de 13 ans de gouvernance néo-libérale droitière, de gestion de l’appareil bourgeois, de françafrique et d’impérialisme ainsi que de scandales liés à sa collaboration avec les pétainiste pendant la guerre pour finir en débâcle avec une droite du PS libéral représentée par le très médiocre Lionel Jospin qui finira par être regretté par certain devant la médiocrité toujours plus étonnante de ses successeurs : le meilleur d’entre nous Strauss Khan ne sachant pas tenir sa bite même devant des caméras, François Hollande et ses interventions en Afrique et ses nassages de manif, Ségolène Royal et sa « pédagogie » a toujours prendre les français pour des cons.
Aujourd’hui la France Insoumise nous revends la même soupe, réchauffée trois fois, revomie en boucle, encore moins radicale, encore plus mole qu’avant… Et pourtant on arrive à nous présenter Mélenchon comme « le plus grand socialiste depuis Jaurès », mais qu’y a il à part des beau discours ? Des beaux mots ?
Une autre tendance se fait entendre, certains admettent la stupidité de la stratégie électorale de la France Insoumise, ils avancent à la place qu’une telle stratégie ne peut fonctionner que si le parti élu est porté par un grand mouvement de masse, là seulement il pourra assurer le rapport de force. Sauf que là encore ces gens ne comprennent pas en quoi consiste le rapport de force avec la bourgeoisie. Nous avons affaire à un rapport de force omniprésent : c’est-à-dire dans tout les domaines de la société. Tout comme les tâche du Parti sont omniprésente, en réalité si elles sont omniprésente, c’est justement parce que la tâche du Parti est de remporter le rapport de force qui se joue sur tout les terrains.
Encore une fois, une campagne électorale comme celle-ci peut remplir éventuellement le terrain du pouvoir d’état, de l’administration, on pourrait imaginer qu’ils puissent gagner la bataille culturelle avec une mobilisation suffisante, remporter l’hégémonie dans la rue également, un support massif porté par des grèves, des manifestations…
En somme, le rêve à la chilienne, un socialisme dans le style d’Allende. C’est la fameuse révolution démocratique chaviste qui obsède tant Mélenchon ! Mais doit on rappeler l’histoire?
Le Chili a sombré dans le fascisme ! Justement parce que les socialistes n’avaient rien prévu sur le plan militaire, ils n’ont pas su se défendre face aux fascistes, ils ont décidé de faire la voie pacifique, et c’est la raison pour laquelle ils ont été abattu. Encore une fois, la classe bourgeoise ne va jamais accepter de déléguer la défaite par elle même, celle-ci devra toujours être arrachée de force, et la bourgeoisie y opposera toujours son armée. Nous ne le répèterons jamais assez cette règle simple de la guerre : seule une armée peut en battre une autre. Le désorganisé face à l’hautement organisé ne peut que perdre !
Quant au Vénézuela de Chavez, il faut aussi se rappeler de la réalité des évènements : Chavez n’est certainement pas arrivé au pouvoir pacifiquement par les élections ! D’abord il a tenté un coup d’état ! Méthode particulièrement anti-démocratique et violente (ce n’est pas une attaque morale, on est purement dans le descriptif). Puis seulement il a participé aux élections et s’est fait élire, ce n’est pas là le plus important, le plus important c’est juste après : la bourgeoisie vénézuelienne, tout les grands propriétaires blancs qui ne supportaient pas que les classes populaires aient élu un social-démocrate bien trop radical à leur goût (tout simplement car leurs intérêts sont menacés même par des réformes partielles) ont décidé de faire un coup d’état contre Chavez ! Et ce n’est que parce que contrairement aux Chiliens, Chavez s’était mis les militaires dans la poche, que le Parlement et le Gouvernement a été repris par les armes ! (11) Chavez a repris le contrôle par un changement violent lui aussi, la question militaire c’est posée au Vénézuela (d’une façon extrêmement spécifique à un lieu et une époque donnée d’où le fait que cette « tactique » n’en est pas une et n’a pas ambition à s’exporter).
Nous ne sommes pas là pour faire l’éloge du chavisme, mais bien pour montrer que les inspirations de ces sociaux démocrates avec une « base militante » et un « mouvement social » de soutien que l’on a en France, ne veulent que recommencer les mêmes erreurs que les chiliens ou imitent très mal les chavistes. Ce n’est qu’en étant présent sur tout les plans, en exerçant une direction omnipotente et omniprésente du parti que l’on peut espérer prendre le dessus de ce rapport de force avec la bourgeoisie.
Pour finir, nous disons aux communistes qui pensent pouvoir se ranger derrière la France Insoumise qu’ils se trouvent une colonne vertébrale et regardent un peu derrière eux où est ce que cette politique les a mené pendant 20 ans de suivisme du PS de Mitterrand !
II.La guerre populaire prolongée?
Enfin nous arrivons à la deuxième catégorie d’incompréhension, beaucoup plus spécifique cette fois-ci à des discussions entre camarades maoïstes.
C’est donc en toute fraternité et camaraderie que nous polémiquerons sur cette fameuse question de guerre populaire prolongée « GP, P? » et sur la vision Marxiste-Léniniste-Maoïste de celle-ci dans nos pays du centre impérialiste.
La base du raisonnement des camarades pensant que la guerre populaire prolongée (GPP) n’est pas possible dans le centre impérialiste consiste à accepter la guerre populaire comme universelle, mais la guerre populaire prolongée comme son application dans les pays semi-coloniaux, semi-féodaux. La raison à cela serait un état très centralisé dans les pays impérialiste : les communications sont plus rapides, l’armée et bien plus moderne et fournie, la surveillance y est énorme et il y a très peu d’espace ruraux autonomes rendant impossible de refaire ce que la Chine avait pu faire dans les années 30 ou ce que les camarades indiens ou philippins font encore aujourd’hui c’est-à-dire d’immenses zones libérées avec des armées du Parti manœuvrant pendant plusieurs dizaines d’années.
La population est surtout urbaine là où la guerre populaire prolongée est censée reposer sur la paysannerie, la ruralité et surtout la faiblesse de l’état dans les larges campagnes souvent abandonnée, vivant en autonomes ou trop grande que pour tout contrôler. Dans nos pays, la population est à majorité urbaine, le prolétariat est concentré dans de grandes villes, faisant tendre la lutte d’avantage vers l’insurrection urbaine et la crise politique rapide que vers la lutte prolongée à la campagne.
La critique que les Maoïstes en France ont à apporter a cette vision est que : tout d’abord, cette théorie a une vision très étroite de ce qu’est une lutte prolongée.
Secondement, elle ne prends pas en compte les possibilités qu’offrent le territoire urbain lui aussi, qui utiliseront des méthodes forcément radicalement différente de celles utilisées dans de environnement majoritairement ruraux.
Troisièmement, cette théorie ne prends pas en compte l’histoire des précédentes guerre populaires prolongées menées par les peuples français, italiens et belges lors de la seconde guerre mondiale, le plus souvent dirigée par des Partis Communistes, ils ne prennent pas non plus en compte les expériences irlandaise de la lutte armée qui malgré des échecs présente une expérience aussi très riche de lutte depuis plus de 100 ans.
Quatrièmement, et ce point et avant tout destiné aux suivistes en France des positions des partis maoïstes du tiers-monde sur la question de la guerre populaire dans notre pays : nous ne devrions pas nous cantonner à suivre la ligne donnée des camarades les plus en force du moment, et avant tout, analyser nous mêmes nos possibilités, notre histoire et nos expériences pour décider de la stratégie à suivre ainsi que de la forme que doit prendre la guerre populaire dans nos conditions particulières nationales que nous sommes les seuls a pouvoir connaître au mieux.
1.Quand la guerre commence?
Une question doit être posée à ces camarades qui sont contre le caractère prolongé de la guerre populaire : pour vous, la Révolution Bolchévique est-elle classifiable comme une guerre populaire ? Ou préférez vous employer le terme flou et indéfini de « voie d’octobre » qui renvoie presque inévitablement à la conception d’insurrection générale discutée plus tôt ?
Parce qu’en réalité c’est ça la question pratique brulante pour la révolution en France. Si l’on ne parle pas de la guerre populaire, mais d’insurrection générale ou de « voie d’octobre », et cela ne peut amener qu’à la stratégie quasi spontanéiste dont nous avons déjà parlé.
L’analyse faite par les maoïstes au Pérou, en Europe, mais aussi au Brésil où la reconstruction du Parti et le lancement de la guerre populaire suit son chemin, est que la fameuse « voie d’octobre » n’était qu’une guerre populaire dans les conditions de la Russie. Celle-ci n’était peut être pas théorisée et ne remplissait peut être pas tout les critères que l’on pourrait attendre d’une guerre populaire après toutes les expériences que nous avons accumulé mondialement dans le mouvement communiste depuis maintenant plus de 100 ans. Cependant, vous êtes au moins obligé de reconnaître au strict minimum un embryon de guerre populaire dans la révolution bolchévique.
Qu’est ce que cela veut dire vis a vis du caractère prolongé de la guerre? Vous nous dite que chez nous la guerre populaire prendra probablement la forme d’une « guerre civile » concentrée et rapide, probablement suite à une crise ponctuelle en nous disant que cela prendra plus probablement la forme de la Révolution d’octobre que de la Révolution chinoise. Mais bien si c’est ainsi, nous revenons encore à notre point plus haut : la guerre civile, l’insurrection, concentrée rapide, lancée au « juste moment » de la crise ponctuelle, n’est que la finalité d’une guerre prolongée menée depuis bien plus longtemps !
La question revient toujours a la fin : où peut on dire que la guerre commence ? À cela nous serons tenté de répondre la formule bien connue de Clausewitz : la guerre n’est que la poursuite de la politique par d’autres moyens. Ce sont dès que ces autres moyens sont employés que la guerre populaire commence, et ici je ne vais pas répéter ce qui a déjà été dit précédemment : peut on se permettre d’attendre la crise, d’attendre le fascisme, d’attendre « le bon moment » avant de nous former a ses « autres moyens » ?
Non ! Déjà lors des émeutes de 2023, déjà lors des évènements de mai 68, nous avons déjà affaire à des éléments embryonnaires de guerre populaire telle que se produit dans un pays majoritairement urbain. Nous n’avons pas affaire à une armée organisée en bataillons, rangés les uns derrière les autres défendant des positions libérées, mais d’avantage à des zones d’influence où les force révolutionnaire résident et lancent des actions : s’attaquer à un poste de police, lancer des cocktails molotov, aller taper les rentiers du coin pour qu’ils n’expulsent pas une famille d’immigrés [13]. Toutes ces actions existent déjà et doivent être organisées par le Parti et mise au service du peuple, nous n’avons pas besoin de copier exactement tout ce que fait le Parti Communiste des Philippines (PCPh) ou le Parti Communiste Chinois, il est vrai que notre guerre populaire ressemblera probablement d’avantage à celle des Bolchéviks de Russie qu’à celle de la Chine, personne ne dit rien de nouveau avec ça, elle n’en sera pas cependant moins prolongée.
Donc pour en terminer une bonne fois pour toute avec cette conception : la guerre populaire commence dès les premiers coups de feu, et l’insurrection finale, la culmination, l’apogée, le climat de la révolution n’est que le résultat de cette lutte sur tout les plans y compris le plan militaire quand bien même nous sommes dans un milieu urbain !
2.De la campagne entourant la ville à la banlieue entourant le centre
Si il est vrai que la ruralité est moins importante en France qu’aux Philippines cela ne veut pas dire que les classes révolutionnaire sont inatteignables. Les classes populaires sont toujours ségréguées dans des quartiers harcelés par l’état et en constant état d’alerte à l’encontre des autorité. C’est devenu du bon sens pour beaucoup d’habitants de ses quartiers que la police n’est pas là pour les aider, et l’hostilité et les confrontations se font déjà sans les communistes. Les banlieues qui entourent tout Paris sont l’exemple type de cela, la ville est encerclée d’une gigantesque poudrière prolétarienne qui n’attends que d’être allumée par un feu de prairie pour tout embraser ! Elle l’a fait à répétition, de manière spontanée, sans attendre le mot d’ordre d’une quelconque organisation d’avant garde pour envahir les rues.
Ces évènements ne sont pas la guerre populaire, mais ils montrent les prémisse d’une telle guerre. On a déjà vu des policiers se faire nasser par les manifestants, des attaques montées à l’arrache à l’aide de pétard et de feux d’artifice, des sortes de barricades faites avec des objets en feu et des voitures. Beaucoup de vandalisme et d’actions symboliques certes, mais encore une fois, ce n’est pas ça qui pose problème en sois, c’est le fait que tout ça n’ai pas été coordonné par le Parti révolutionnaire de la classe, que tout ces gens n’ont pas pu s’entraîner, que personne n’était prêt ni en terme d’armes ni en terme de conscience, ni en terme de théorie… C’était un cri de colère auquel nous assistions. Mais ce que cela nous montre encore une fois, c’est que le modèle de la guerre populaire n’est pas simplement géographique, de la campagne à la ville, mais avant tout « des zones les plus révolutionnaires à celles les moins révolutionnaires » ce sont dans les zones les plus pauvres exploitées et opprimées du Pérou que la Révolution a commencé, pareil aux Philippines, pareil en Inde, c’est avant tout la fameuse maxime du président Mao « là où il y a oppression il y a résistance » c’est ça qui nous indique où se déroulera la guerre populaire, il ne s’agit pas de dire que « celle ci doit être à la campagne pour se dire prolongée » , ça n’a aucun sens !
La guerre populaire se déroulera en zone urbaine et adoptera des tactiques de guérilla urbaine primairement et rurale secondairement. Sous la direction du Parti, elle pourra s’implanter dans les zones les plus révolutionnaires de chaque région de France et organisera les classes révolutionnaire sur tout les plans : vie sur le lieu de vie, sur le lieu de travail, organisation lycéennes, étudiants, femmes, minorités de genre, culturelle, de formation politique , théorique et bien sûr d’organisation militaire !
Nous n’avons pas besoin d’avoir des armes les plus sophistiquée dès maintenant, nous n’avons pas besoin de costume ou d’uniforme militaire, de grande parade ou défilé impressionnant avec drapeaux flottants et peinture de guerre que pour commencer à organiser la question militaire. Cette question devra être d’abord une guerre de basse intensité, ancré dans la formation politique des membres, une armée de guérilla urbaine avant d’être une armée de mouvement. Construire une telle armée, un tel parti, ça ne peut être qu’un processus prolongé.
3.L’histoire révolutionnaire française et la guerre populaire
Nous conseillons à tout les camarades et potentiels camarades en France à lire le livre du camarade pierre La voie de la Révolution [14] qui réponds justement à ce point via un exposé bref et très complet de l’histoire révolutionnaire de la France et notamment de la guerre de résistance qui était elle aussi une guerre populaire prolongée.
Notre pays a déjà connu ce type de guerre, nous avons tant à apprendre, bien plus à apprendre en terme de tactique efficiente et de pratique efficace en France dans notre terrain via les travaux nos grand pères et arrières grand mères que de nos camarades philippins ou indiens qui bien qu’eux aussi sur le glorieux chemin du socialisme, ne sont tout simplement pas dans un contexte similaire au notre. Il est triste de voir la méconnaissance de notre histoire sur ce plan en France ou même en Italie ou en Belgique où la résistance pris des formes aussi similaires. La résistance française c’est des milliers de Francs-Tireurs et Partisan (FTP) sur tout le territoire, ce sont des villes entières libérées que par la seule force des partisans, travailleurs et paysans français!
C’est la guerre populaire dans le maquis à la campagne, tendre des embuscades aux allemands et voler leurs armes, c’est la guerre populaire en ville avec des assassinats ciblés, des communications cryptées, des réseaux cachés, des sabotages des infrastructures, des communication, des attaques de commissariats, des fusillades de soldats allemands en éclair, de libération de prisonniers, c’est ça l’histoire glorieuse du Parti de la classe ouvrière.
Alors oui là aussi nous n’avons pas affaire à une guerre populaire parfaitement théorisée, suivant des lignes théoriques claires et beaucoup d’erreurs ont pu être commise pendant cette lutte, mais elle a tout de même prouvé la faisabilité d’une guerre populaire même dans un pays impérialiste comme la France, et elle a en outre prouvé la faisabilité de sa victoire !
Alors nous voyons déjà les arguments à 3 sous venir, les années 40 ça remonte y a longtemps et entre temps les choses ont beaucoup changées, la France s’est encore plus urbanisée, rendant les maquis moins utile et une méthode moins pertinente du moins pour les premières phases de la guerre, la répression, la surveillance et les technologies de l’état et de son outil répressif ont beaucoup évolué rendant une véritable stratégie de guerre urbaine bien plus compliquée.
En somme : la technologie invalide la guerre populaire, il faut donc revenir à quelque chose qui ne requiert pas d’organiser la révolte de manière planifiée, il faut arriver à un coup d’éclair qui enflammera tout sur une très courte période, il faut… bah une révolution spontanée au fait. C’est ce à quoi abouti ce raisonnement, Khrouchtchev en son temps avait lui aussi tenté d’invalider la révolution avec les progrès technologiques ! La bombe nucléaire est là, si elle est utilisée, il sera impossible de mener la Révolution à bien pour les prolétaires du monde entier, et à partir de cette logique simpliste, on revient sur des fondamentaux théoriques qui font basculer une pratique marxiste vers une pratique révisionniste.
Il ne s’agit pas de nier l’avancée des techniques de répression, mais bien de s’y adapter, de trouver nos nouvelles méthodes de résistance, tout comme Lénine en son temps a dû trouver toute une méthode pour faire fonctionner le Parti de manière clandestine tout en maintenant des cellules d’entreprises les plus visibles et flexibles possible sans prendre trop de risques, en s’attaquant aux espions tsaristes, en écrivant avec des langages codés, des cryptages, des pseudos, de l’encre « magique », pleins de méthodes qu’employaient aussi les services de sécurité tsaristes aussi dans leur temps, nous devons innover dans nos nouvelles conditions, utiliser des communications cryptées, conserver la clandestinité, ne pas exposer les militants au danger inutilement, prendre nos précautions en terme de sécurité, se déplacer masqué lors d’actions, former les militants à quoi faire s’ils se font prendre par la police, etc… De toute façon nous n’avons pas le choix de faire avec ça, nous devrons forcément nous y confronter à un moment, même dans une révolte spontanée nous devrions nous y confronter, nous proposons de nous y former dans la pratique déjà avant. Il faut arrêter de vouloir copier un modèle mécaniquement et commencer à analyser et innover dans notre contexte national/régional/local particulier.
En mot de la fin nous dirions que c’est amusant que le débat soit sur ce mot « prolongé » alors qu’il est si insignifiant. En réalité ce qui se cache derrière ce débat de guerre prolongée ou non c’est le débat derrière l’interprétation même que l’on fait de ce qu’est la guerre populaire : soit elle est l’ensemble du processus de préparation de la guerre jusqu’à sa victoire finale, soit elle n’est que le moment où l’on peut voir des zones « occupées » par des armées alliées. La définition de certains camarades est encore une fois trop limitante, cela ne leur posera heureusement pas problème dans la situation concrète de ces pays du tiers-monde, mais si en France, des camarades continuent de se référer aux expériences des partis maoïstes du tiers-monde comme le phare de la Révolution mondiale duquel nous devons prendre toutes nos directives, nous ne ferons que créer un énième Parti sois disant « communiste », sois disant « maoïste » mais pratiquant la même théorie spontanéiste de l’insurrection générale et de l’accumulation pacifique des forces.
Mais heureusement le mouvement grandit toujours plus de jours en jours, toujours plus de camarades se joignent à la lutte, des étudiants, des ouvriers, des lycéens, des communistes, des intellectuels… Nous avons le vent en poupe et nous ne seront vaincu que lorsque nous cesseront le combat, alors pour la victoire, luttons, battons nous jusqu’à la fin, de défaite en défaite jusqu’à la victoire ! Ne jamais abandonner ! et
La Guerre Populaire jusqu’au communisme !
Vive la reconstruction du Parti Communiste Français!
Vive les Guerres Populaires en Inde, aux Philippines, en Turquie, en Pérou et du monde entier !
Vive le Marxisme-Léninisme-Maoïsme !
Notes & sources
[1] Stalin. The Political Strategy and Tactics of the Russian Communists. https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1921/07/x01.htm
[2] Staline. À propos de la stratégie et de la tactique des communistes Russes. Bibliothèque Marxiste. https://www.bibliomarxiste.net/auteurs/staline/a-propos-de-la-strategie-et-de-la-tactique-des-communistes-russes/notions-preliminaires/
[3] Lénine. La réorganisation du parti. https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1905/11/vil19051116.html
[4] Lénine. L’armée révolutionnaire et le gouvernement révolutionnaire. https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1905/07/vil19050710.htm
[5] LA RÉVOLUTION RUSSE ET LE PARTI BOLCHÉVIK (1905-1917), p.11. https://www.louvrier.org/sites/default/files/2020-12/H08-%20La%20Re%CC%81volution%20russe%20et%20le%20parti%20bolche%CC%81vik%20(1905-1917).pdf
[6] Braquage de la banque de Tiflis. (2025, 14 mars). Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Braquage_de_la_banque_de_Tiflis
[7] Yaroslavsky, E. (1929). Le travail des bolcheviques dans l’armée avant la Révolution d’Octobre, p.10. https://www.marxists.org/francais/yaroslavsky/works/1927/armee.pdf
[8] V.I. Lénine – Lettre au comité de combat près le comité de Saint-Pétersbourg (1905). https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1905/10/vil19051016.htm
[9] Mao Zedong. L’élimination des conceptions erronées dans le Parti. Bibliothèque Marxiste. https://www.bibliomarxiste.net/auteurs/mao-zedong/lelimination-des-conceptions-erronees-dans-le-parti/
[10] PCP Responds to Allegations of Gay Persecution. Prison Legal News. https://www.prisonlegalnews.org/news/1994/mar/15/pcp-responds-to-allegations-of-gay-persecution/
[11] Lénine. (1902, 19 février). Que faire ? https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200n.htm
[12] Georges Sorel. (1972). Réflexions sur la violence. https://classiques.uqam.ca/classiques/sorel_georges/reflexions_violence/Sorel_Reflexions_violence.pdf
[13] Camarade Pierre. (2022). La voie de la Révolution (1ère Édition). Éditions en Langues Étrangères, p.127. https://foreignlanguages.press/wp-content/uploads/2025/08/N13-FR-Cahiers-du-Maoisme-1st-Printing.pdf
[14] Camarade Pierre. (2022). La voie de la Révolution (1ère Édition). Éditions en Langues Étrangères. https://foreignlanguages.press/wp-content/uploads/2025/08/N13-FR-Cahiers-du-Maoisme-1st-Printing.pdf

